Pour Edward Snowden, l'interdiction des VPN en Russie et leur contrôle étroit par le gouvernement en Chine constituent une « atteinte aux droits de l'homme ». Le lanceur d'alerte exilé à Moscou appelle à la vigilance sur cette tendance inquiétante.

Les restrictions adoptées respectivement par la Chine et par la Russie contre les VPN, ces réseaux privés virtuels qui permettent de contourner la censure sur le web, inquiètent particulièrement Edward Snowden.

Le lanceur d’alerte et ex-salarié de la NSA et de la CIA, exilé à Moscou depuis ses révélations sur la surveillance de masse américaine en 2013, a tenu à alerter ses plus de 3 millions d’abonnés Twitter de la gravité de telles mesures, alors que la Chine a obtenu d’Apple le retrait d’applis VPN de son Store chinois, et que la Russie a décidé d’interdire l’usage des VPN à compter du 1er novembre 2017.

Edward Snowden dénonce ainsi : « Que [cette législation] soit promulguée en Chine, en Russie, ou partout ailleurs, nous devons être clairs en affirmant qu’il ne s’agit pas d’une ‘régulation’ raisonnable mais d’une violation des droits de l’homme. »

« Ne fermez pas les yeux sur cette tendance »

Dans une série de tweets, le lanceur d’alerte a développé son propos : «  Interdire l’usage ‘non autorisé » d’outils Internet de sécurité basique rend la Russie à la fois moins sécurisée et moins libre. C’est une politique tragique. […] Pour que la prochaine génération puisse profiter des libertés en ligne comme nous l’avons fait, la navigation inoffensive doit devenir véritablement indissociable de la [navigation] sensible.  »

Enfin, Edward Snowden a directement interpellé les salariés des grandes entreprises : « Notez bien que cela s’est étendu en Chine et en Russie la même semaine. Ne fermez pas les yeux sur cette tendance. »

À Moscou, près d’un millier de manifestants ont récemment défilé contre les restrictions autour du web russe, une pratique particulièrement prisée du Kremlin, qui a fait censurer plus de 275 000 pages en 5 ans par l’intermédiaire de son agence gouvernementale de surveillance des télécommunications, le Roskomnadzor.

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