Google souhaite faire du centre ville vieillissant de San José sa maison secondaire. Avec 20 000 emplois sur la table, le tech village du géant américain séduit la municipalité, mais pas tous les riverains...

Le plan était à l’étude depuis quelque temps, trainant sur les bureaux de la mairie de San José. Finalement, cette semaine, l’édile et son conseil ont tranché : Google pourra bien prendre possession d’une partie de la ville pour la restructurer à son image.

La firme de Mountain View avait présenté à la mairie un colossal plan de rénovation urbaine. Downtown San José doit devenir, selon les ambitions de l’entreprise, un village Google. En échange, le moteur de recherche promet aux élus la création de plus de 20 000 emplois dans la région.

Diridon Station, San José, 2012
CC. Niall Kennedy

La première décision de la mairie semble donc rapprocher Google de son vieux rêve. Selon le Mercury News, le conseil de la ville californienne a adopté la proposition à 10 voix contre une. L’accord passé avec la municipalité doit permettre au géant de mettre la main sur 16 parcelles de la ville.

Une opportunité comme on en voit une fois par siècle

Pour Kim Walesh, le conseil ne pouvait pas refuser. La conseillère en développement économique a ainsi expliqué devant les élus : « Il s’agit d’une opportunité comme on en voit une fois par siècle.  » Mais les syndicats et d’autres opposants critiquent un projet pharaonique qui ne bénéficierait qu’à une petite part de la population locale et qui aggraverait les problèmes de logement et de trafic.

Le vote, bien qu’important, ne permet pas encore à Google de poser les premières pierres de son village. L’entreprise devra en effet attendre un ultime vote qui lui ouvrira alors la voix vers San José. Là, le géant voit très très grand : ce sont entre 5 et 8 millions de mètres carrés de bâtiments qui sortiraient du sol. Dans le quartier de la Diridon Station, le changement serait radical après les premières rénovations de la ville.

Downtown San José,
CC. Jason Rowe

Néanmoins, Google souhaite montrer que sa vision de la ville apportera au plus grand nombre. La firme explique partager les ambitions sociales de la ville et imagine déjà une nouvelle diaspora californienne pour la Silicon Valley.

Certains habitant de Downtown San José voient tout de même noir : ils ont du mal à oublier que la zone vendue à Google aurait pu abriter de nouveaux logements dans une ville où le prix de l’immobilier ne cesse de grimper. Greg Miller, habitant du quartier et opposant au projet se confie à Mercury News : « Nous devons nous assurer que le projet ne fera pas que déplacer les populations les plus pauvres et réduire l’offre de logements abordables.  »

La mairie et le conseil ont beau répéter que plus de 3 000 logements sont prévus, les habitants sont sceptiques quant à l’effet sur le marché qu’auront les 20 000 nouveaux emplois hautement qualifiés de Google. D’autant que le village titanesque du géant va redessiner la frontière entre les régions paupérisées du centre de San José et les régions plus développées. Avec ces magnifiques monstres de béton, Google risque de faire exploser les prix du Downtown.

CC Niharb

Mais l’édile, Sam Liccardo, ne cesse de trouver de nouveaux arguments pour convaincre ses concitoyens. Dans une lettre à ceux-ci, il écrit : « Architectures extraordinaires, design urbain, durabilité environnementale, boutiques, transports en commun et de somptueux espaces publiques énumère-t-il, visiblement rêveur sur l’avenir du village Google. Et à ses opposants politiques, Liccardo répond : Google n’est pas là pour résoudre nos problèmes, Google n’en est pas la cause. Ce sont des problèmes que nous avons à résoudre nous-mêmes.  »

À lire sur Numerama : Et si Google créait sa propre ville avec ses propres règles  ?

Partager sur les réseaux sociaux