Peter Thiel, conseiller de Donald Trump, aurait aidé la NSA dans son programme de surveillance massive par l'intermédiaire de sa startup Palantir, spécialisée dans l'analyse de données. Il s'en était pourtant défendu après les révélations d'Edward Snowden en 2013.

Alors qu’un ex-agent de la NSA risque la perpétuité pour avoir dérobé les secrets des États-Unis, Peter Thiel, conseiller de Donald Trump et co-fondateur de PayPal, aurait aidé la NSA dans son programme de surveillance électronique massive nommé PRISM. Pendant des années, Palantir, une start-up créée par Peter Thiel, aurait apporté un soutien à l’agence américaine dans son programme d’espionnage, a révélé The Intercept le 22 février 2017. Pourtant, lors de la premières vague de révélations d’Edward Snowden en 2013, Palantir avait nié tout lien avec ce programme de la NSA.

Si ces révélations sont avérées, Palantir aurait donc contribué à l’expansion du réseau d’espionnage de la NSA, géré en coordination avec d’autres agences alliées à travers le monde. Plus précisément, l’entreprise de Peter Thiel aurait activement participé à l’élaboration de logiciels afin que la NSA puisse augmenter son utilisation de XKeyscore, un programme de surveillance de masse permettant de faire des recherches au sein de bases de données (e-mails, chats, historiques de navigation).

Peter Thiel. CC Flickr JD Lasica

Bien avant d’obtenir son ticket d’entrée à la Maison Blanche aux côtés de Donald Trump, Peter Thiel s’était déjà fait connaître en fondant Paypal en 1998 avec Max Levchin et Elon Musk, puis en investissant dans Facebook alors que le réseau social n’en était qu’à ses balbutiements. En 2004, il a créé Palantir Technologies, startup spécialisée dans l’analyse de données. Autant d’atouts que l’entrepreneur a aujourd’hui à offrir au nouvel occupant du bureau ovale.

Plus d’un milliard de dollars auraient été empochés par Palantir

Palantir propose deux type de services à ses clients : Palantir Metropolis et Palantir Gotham. Le premier analyse les données des banques et des fonds spéculatifs de Wall Street, tandis que le second se destine aux services de renseignements ou de sécurité intérieure. Capables de recouper différents types de données (des données structurées comme des tableurs, mais aussi des images), ces outils présentent l’intérêt de pouvoir traiter des quantités astronomiques d’informations.

En dépit de la somme de 1,2 milliard de dollars qui serait engagée dans les contrats de Palantir avec le gouvernement fédéral depuis 2009, l’entreprise de Peter Thiel se refuse à afficher clairement que le gouvernement fait partie de sa clientèle. Pourtant, comme le souligne The Intercept, Palantir n’a jamais caché son ambition de vendre ses services au gouvernement des États-Unis. D’ailleurs, la CIA elle-même entretient des liens avec Palantir. L’agence de renseignements gère In-Q-Tel, un fond de capital-investissement qui injecte de l’argent, entre autres, dans la startup de Peter Thiel.

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