Harold T. Martin III, ancien contractuel de la NSA, a été inculpé cette semaine pour avoir dérobé des données classifiées appartenant aux États-Unis. Il risque la prison à perpétuité.

C’était prévisible. Un peu moins de cinq mois après son arrestation, Harold T. Martin III a été inculpé mercredi pour avoir délibérément copié et conservé des informations classifiées relatives à la défense nationale. Il risque jusqu’à deux cent ans de prison ferme si jamais la justice le condamne à la peine la plus lourde (dix ans) pour chacun des vingt chefs d’accusation dont il fait l’objet.

Âgé de 52 ans, cet ancien salarié de Booz Allen Hamilton, une compagnie fournissant des services aux agences fédérales, comme la NSA, est poursuivi pour avoir récupéré une quantité absolument faramineuse de données provenant de la CIA, de la NSA, du département de la défense, du Cyber Command et du National Reconnaissance Office (NRO), qui gère les satellites espions des États-Unis.

Vingt ans de copie, mais pourquoi ?

Ce petit manège aura mis beaucoup de temps à être découvert par ses employeurs. En effet, Harold T. Martin III a pu tranquillement subtiliser des documents secrets pendant plus de vingt ans au nez et à la barbe de ses superviseurs et des systèmes de sécurité. Ce n’est que tardivement que ses activités suspectes sont repérées et qu’il est arrêté le 27 août 2016.

Qu’a-t-il fait de toutes ces données ? Pas grand-chose, visiblement : les enquêteurs n’ont pas établi une hypothétique entente avec une puissance étrangère. Manifestement, ces documents extrêmement sensibles n’ont pas non plus été diffusés sur Internet ; ils n’ont été retrouvés que dans sa maison et dans sa voiture.

NSA
Crédits : NSA

Selon l’acte d’accusation contre Harold T. Martin III, les documents qui ont été dérobés incluent des courriers électroniques de la NSA, des documents sur l’anti-terrorisme, des briefings, des renseignements sur les techniques de piratage des pays étrangers, des informations sur des architectures techniques employées par la NSA ou encore un aperçu des capacités « cyber » des États-Unis.

L’acte d’accusation mentionne aussi des cibles de l’armée américaine, des informations sur le Cyber Command, les lacunes du Pentagone, des informations sur un satellite espion ou encore de la documentation sur les méthodes et les sources d’information d’agences de renseignement d’autres pays. Certains documents dérobés sont très récents, puisqu’ils datent de mai, juin et août 2016.

Le département de la justice des États-Unis précise que Harold T. Martin III, qui vit dans l’État du Maryland, sera présenté pour la première fois devant un juge le 14 février 2017. En attendant, il reste maintenu en détention.

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