Cuba, l'un des pays les moins connectés au monde, vient de signer un accord avec Google qui permettra aux habitants d'accélérer plus rapidement aux services du géant américain.

La portée symbolique de la scène résonne presque comme l’ouverture du premier McDonald’s en URSS, en 1990. Ce lundi, à la Havane, Eric Schmidt, grand patron d’Alphabet a posé sa signature sur un document de l’ETECSA, l’entreprise cubaine de télécommunications.

Le contrat entre Cuba et Google ne va en rien démocratiser l’accès à Internet dans l’un des pays les moins connectés au monde, où seulement 348 habitants sur 1 000 avaient accès au réseau en 2015. Mais il devrait considérablement accélérer les délais d’accès aux services de Google, disponibles seulement depuis 2014 sur l’île grâce au rapprochement entamé par Barack Obama, après plus de 50 ans d’embargo.

Ainsi, les Cubains pourront accéder à Gmail et à YouTube sans subir des temps de chargement interminables. En effet, jusque là, les données des services Google devaient parvenir jusqu’au Venezuela avant d’atteindre les connexions cubaines.

Cuba drapeau
CC jordi.martorell

Bien que le régime cubain refuse toujours la construction d’une connexion directe entre les États-Unis et l’île, Google, en installant ses serveurs sur l’île, gagnera en efficacité pour ses clients locaux. Pour l’Associated Press, le transfert du cache de Google à Cuba permettra aux utilisateurs cubains d’accéder aux services du géant dix fois plus vite qu’auparavant.

Un pacte symbolique mais qui n’éclipse pas pour autant la situation inquiétante de l’Internet cubain. Les habitants n’ont pas le droit d’avoir une connexion internet à domicile, et doivent se rendre dans des cyber-cafés dont les prix exorbitants limitent grandement l’usage. Le réseau est aussi particulièrement surveillé et censuré.

Le rapprochement entre les États-Unis et Cuba suscite en revanche de nombreux espoirs au sein des entreprises de la tech américaine qui y voient un nouveau marché potentiel. Airbnb était ainsi l’une des premières sociétés à ouvrir sa filiale cubaine. Néanmoins, les risques de voir cette époque d’échange se terminer brusquement ne sont pas totalement écartés, au vu des positions pour le moins contradictoires du président élu Donald Trump sur le sujet.

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