En plus d'avoir envoyé le code source d'Admission Post-Bac imprimé sur papier, le Ministère de l'Éducation Nationale semble avoir également transmis un code illisible. Le gouvernement tente de tempérer les critiques par la voix d'Axelle Lemaire.

La secrétaire d’État au numérique et à l’innovation, Axelle Lemaire, a tenté de tempérer les critiques qui fusent à l’égard du code source d’Admission Post-Bac. Celui-ci a été dévoilé par l’Éducation Nationale, qui forcée de le faire, a transmis le code imprimé sur du papier.

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Les personnes ayant cherché à décrypter le code — depuis mis en ligne sur GitHub par des volontaires — y ont découvert un document aussi incompréhensible que manifestement incomplet. Le code ne contient en effet pas tous les éléments permettant sa bonne compréhension, en plus d’erreurs d’orthographe plutôt embarrassantes. Il manquerait au code à la fois des indications sur la structure de la base de données, et une signification des variables utilisées dans le code. Ainsi, pour tenter de saisir comment fonctionne l’ensemble et quelles sont ses propriétés, il faut se livrer à jeu de divination improbable. Sur Pastebin, des internautes tentent de comprendre la signification des variables.

Il est à peu près clair aujourd’hui que le code est inintelligible et le Ministère, par mégarde ou certainement sciemment, a oublié les éléments clés pour sa compréhension. Un pied de nez de l’administration qui passe mal et souligne la mauvaise volonté des acteurs impliqués.

Néanmoins, il faudrait se réjouir. Du moins selon Axelle Lemaire. Il s’agit, pour elle, en réalité d’un « progrès considérable.  » La secrétaire d’État évoque des « marges  » de progression. On ne peut que lui faire confiance : en partant d’un document inexploitable, on ne peut que faire mieux. On se souvient par exemple que les administrations auront un devoir de rendre public le code de leurs algorithmes dans la future loi Pour une République Numérique, portée par Mme Lemaire, promulguée le 7 octobre.

Nous serions donc de ceux qui voient le verre à moitié vide, alors qu’Axelle Lemaire nous invite à le voir « à moitié plein ». Malheureusement, un code illisible transmis au format papier, c’est pour nous, en 2016, un verre complètement vide.

À lire sur Numerama : Contraint de communiquer un code source, l’État l’envoie… sur du papier

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