WikiLeaks a l'intention de dévoiler des documents au cours des dix prochaines semaines. Parmi les cibles du site figure Google. Julian Assange accuse la firme de Mountain d'être devenue une puissance diplomatique au service de Washington.

C’était une conférence de presse très attendue. Début octobre, WikiLeaks organisait un évènement médiatique pour faire un bilan d’étape après dix ans d’existence. Mais alors que beaucoup s’attendaient à des déclarations fracassantes sur la campagne présidentielle américaine, notamment sur Hillary Clinton, c’est en fait un programme pour les dix semaines à venir qui a été présenté.

Présent en visioconférence, le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, a expliqué vouloir publier des révélations chaque semaine. Ces publications concerneront certes les élections aux États-Unis, mais pas seulement. Bien décidé à durcir le ton face aux diverses accusations dont le site fait l’objet, l’Australien de 45 ans a aussi précisé que des informations seraient aussi dévoilées sur d’autres sujets.

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Des révélations à venir sur Hillary Clinton ?

Ces sujets, quels sont-ils ? Outre le scrutin à venir, WikiLeaks a l’intention d’évoquer le secteur de la défense, l’industrie pétrolière et… Google.

Il est de notoriété publique que Julian Assange n’a aucune sympathie pour la firme de Mountain View, qu’il accuse de servir en sous-main l’action extérieure des États-Unis. Pour le responsable de WikiLeaks, Google n’est pas un moteur de recherche ni une multinationale dotée d’une galaxie de produits et de services. Ce n’est en tout cas pas que ça. C’est aussi une puissance diplomatique de l’ombre.

La réflexion de Julian Assange a donné lieu à un ouvrage publié en septembre 2014 et intitulé When Google Met Wikileaks. Dans celui-ci, est pointé le rôle d’une figure totalement méconnue du grand public, Jared Cohen, pourtant classée parmi les 100 personnalités les plus influentes identifiées par le magazine Time. Et pour cause, il gravite avec les hautes sphères du pouvoir.

Google
CC GuillermoJM

L’intéressé est en effet un ex-conseiller diplomatique de Condoleezza Rice et d’une certaine… Hillary Clinton. Il est présenté comme un bon connaisseur du Moyen-Orient et de l’Asie du Sud, spécialiste de l’anti-terrorisme et de la « contre-radicalisation ». Il est aussi un militant de la défense des libertés sur Internet. Son but ? Fragiliser et, si possible, faire tomber des régimes totalitaires.

Pour cela, Jared Cohen met son expérience et ses idéaux dans une filiale très discrète de Google, baptisée Jigsaw (anciennement « Google Ideas »). Cela n’est pas dit de façon aussi limpide, mais son rôle est purement géopolitique. Il s’agit d’apporter un soutien à tout ceux qui sont en faveur de la liberté d’expression dans le monde, tout en ciblant les États et les organisations pouvant constituer un risque pour l’Occident.

Des courriers confidentiels appartenant à Hillary Clinton ont par exemple mis en lumière la contribution de Jigsaw dans la fragilisation du régime de Bachar el-Assad en Syrie, en publiant par exemple un outil de cartographie des défections. Google est aussi impliqué dans des opérations de communication visant à contrer la propagande de l’État islamique, par exemple en redirigeant les recherches web.

Pour Julian Assange, « les aspirations géopolitiques de Google sont fermement mêlées dans celles de l’agenda des affaires étrangères de la plus grande superpuissance mondiale. À mesure que le monopole de Google sur la recherche et les services Internet s’accroît (…), son influence sur les choix et les comportements sur la totalité des être humains se traduit en un véritable pouvoir d’influer sur le cours de l’histoire ».

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Quels liens entre Google et Washington ?

La croisade annoncée de Julian Assange contre Google a sans doute une dimension plus personnelle. En effet, WikiLeaks a appris le 23 décembre 2014 du moteur de recherche qu’il avait dû fournir au FBI les adresses de courrier électronique de trois collaborateurs et journalistes.  Or, Google a informé le site plus de deux ans après les faits, provoquant la colère de l’Australien.

WikiLeaks s’était alors adressé directement au président de Google Eric Schmidt pour faire part de sa stupéfaction et de son trouble alors que Twitter, également ciblé par le FBI en 2010 dans un cas de figure identique, avait pu rendre l’information publique presque aussitôt. Google de son côté avait assuré avoir fait tous les efforts à sa disposition pour combattre la confidentialité qui lui était imposée.

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