L'Iran a posé un ultimatum à Apple. Si l'entreprise ne rend pas officielle la vente des iPhone dans le pays, l'État bannira tous les smartphones de la marque, vendus sous le manteau.

Bannir un produit pour lutter contre sa contrebande. Cette stratégie est peu commune mais c’est pourtant bien celle que compte appliquer l’Iran envers l’iPhone. D’après l’agence de presse Tasnim News Agency, le pays a posé un ultimatum à Apple. Si la marque n’y régularise par la vente de ses smartphones, l’État menace de réquisitionner les iPhone entrés illégalement sur son territoire.

« Si Apple ne désigne pas un revendeur officiel en Iran dans les prochains jours, tous les iPhones seront retirés du marché », a déclaré le directeur de l’office national de lutte contre la contrebande. 40 millions d’Iraniens utilisent des smartphones dont un grand nombre de la marque à la pomme, issus du marché noir. Les autorités précisent également qu’il n’existe aucune restriction légale empêchant la représentation officielle d’Apple en Iran. Autrement dit, la firme de Cupertino est libre de s’installer dans le pays.

Pour mener à bien sa mission, l’office national de lutte contre la contrebande compte recenser tous les téléphones en circulation dans le pays afin de les enregistrer dans sa base de données. Les appareils non enregistrés seront ainsi considérés comme illégaux. Cette mesure n’est toutefois pas rétroactive, les personnes ayant déjà un iPhone de contrebande ne sont donc pas concernées.

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Téhéran, la capitale de l’Iran.

Ce programme de recensement est soutenu par les opérateurs, l’union des vendeurs de téléphones mobiles ainsi que la douane. Néanmoins, des inquiétudes ont déjà été soulevées par certains activistes qui estiment que « collecter un si grand nombre d’iPhone ne sera pas aisé ». Ces derniers craignent également un éventuel piratage de la base de données récoltées par le gouvernement et des graves conséquences que cela pourrait avoir.

Plus globalement, on pourrait également se demander comment l’Iran compte utiliser ces informations. Car ce qui est décrit comme un moyen de lutte contre la contrebande pourrait tout aussi bien être un outil supplémentaire de surveillance. D’autant plus qu’Amnesty International n’hésite pas à rappeler que le pays a « gravement réduit les droits de liberté d’expression, d’association et de rassemblement, en arrêtant des journalistes, des activistes, des syndicalistes et tous les autres dissidents pour des motifs vagues et bien trop larges ».

Contrôler les outils de communication semble d’ailleurs être l’un des enjeux majeurs des autorités du pays. Le dernier exemple en date remonte à fin mai, l’Iran menaçait de couper toutes les messageries étrangères qui ne stockeraient pas les données des Iraniens dans le pays. Un peu plus tôt, le Centre de la cybercriminalité organisée provoquait la surprise en envisageant très sérieusement la possibilité que Kim Kardashian soit un agent étranger dont l’objectif serait de corrompre la jeunesse iranienne.

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