Cet été Neuf Cegetel avait secoué le monde des FAI en promettant le téléchargement illimité inclu dans l’abonnement (29,90 €) sans surcoût. On s’est vite alors rendu compte que l’offre n’était pas si alléchante que ça : un accès au seul catalogue d’Universal, pour un seul genre musical, donnant droit à des fichiers sous DRM qui nécessitaient le renouvellement de la licence tous les mois. Bref, on aurait pu rêver mieux, mais cela n’a pas empêché ses concurrents de promettre aussitôt leur offre de musique illimitée. Parmi eux, Alice. Une dizaine de jours à peine après l’annonce de Neuf, Frédéric Saint-Sardos, directeur médias et contenu chez Alice, annonçait une offre plus large que son rival. « L’idée est de démultiplier le nombre de fichiers musicaux disponibles. Car pour qu’une offre de téléchargement légal réussisse, il faut un nombre de titres et une qualité presque équivalents à l’offre illégale ».

Chose promise, chose dûe. Le FAI vient de dévoiler son service AliceMusic. Intégré dans son offre AliceBox à 29,95 €, il donne droit au catalogue complet d’EMI, soit environ 7.500 artistes : Norah Jones, Radiohead (excepté le dernier), Placebo, Queen, Pink Floyd, les Rolling Stones, Coldplay, Daft Punk, les Beastie Boys, Gorillaz, etc. Mais si l’accès au catalogue n’est pas limité au genre, comme dans l’offre de Neuf, elle reprend en revanche le système de DRM made in Microsoft utilisé par Universal : restriction de lecture au seul Windows Media Player, maximum de 3 transferts vers des périphériques externes (baladeurs, téléphones mobiles), et renouvellement de la licence tous les mois sous peine de destruction des fichiers.

Bref, on attendait peut être un peu mieux du FAI lorsqu’il promettait « mieux » que Neuf Cegetel, et mieux de la part d’EMI qui fut la major précurseur dans l’abandon des DRM. Finalement, tout ça n’est que poudre aux yeux. Le seul avantage par rapport à Neuf a été de ne pas restreindre l’offre à un seul genre musical mais, d’un autre côté, la part d’EMI sur le marché est deux fois plus petite que celle d’Universal. Alors est-ce une véritable révolution ? Pas vraiment.

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