Grooveshark est le premier logiciel de peer-to-peer qui rémunère ses utilisateurs pour les titres qu’ils partagent. Lancé en mars dernier, son modèle innovait considérablement en offrant 0,10 $ au P2Piste pour chaque morceau qui serait téléchargé par un autre à partir de son disque dur. Cela permettait ainsi de favoriser le partage, tout en rétribuant chaque parti : le label, la plateforme, et l’utilisateur.

Il fallait y penser. Plutôt que d’assumer les coûts d’un serveur, pourquoi ne pas les reporter sur les milliers d’utilisateurs et leur faire profiter de la marge dégagée ? Une plateforme s’appuyant ainsi sur le partage des P2Pistes aurait de grandes chances de grandir beaucoup plus vite que les plateformes numériques traditionnelles ; rien d’étonnant, dès lors, à la voir revendiquer six mois après pas moins de 3,5 millions de titres dans son catalogue.

Fort de son succès, Grooveshark a même décidé d’augmenter la compensation financière des utilisateurs, la portant de 0,10 $ à 0,25 $. Il ne suffit donc plus se faire « aspirer » 10 titres afin de pouvoir en télécharger un gratuitement (le prix d’un morceau s’aligne sur 0,99 $) mais seulement 4. Le classement des utilisateurs dans les résultats de recherche dépend de leur contribution à la communauté, du soin qu’ils ont accordé à vérifier les tags, modérer, commenté, et recommandé la musique ; Grooveshark réduit par là même ses besoins financiers pour entretenir une équipe.

Cette hausse de rétribution confirme donc la réussite d’un tel modèle que nous ne pouvons que saluer, car il tire pleinement profit des possibilités offertes par le protocole peer-to-peer. La logique Web 2.0 est poussée jusqu’au bout, et Grooveshark a réussi à faire tomber les suspicions quant à la légalité de son service en signant ses premiers accords avec les maisons de disque. On attend plus qu’à ce qu’il ouvre ses portes à la communauté française.

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