Uber aurait prévu d'enregistrer plus de 10 milliards de dollars de courses en 2015, et vise plus de 26 milliards de dollars l'an prochain. Il en garde 20 %.

Selon un document fourni à des investisseurs chinois dont Reuters a obtenu copie, Uber aurait enregistré 10,84 milliards de dollars de courses cette année, ce qui représente pour lui un peu plus de 2 milliards d'euros de marge brute. Le service de VTC et autres transports particuliers retient en effet une commission de 20 % sur l'ensemble des courses qu'il fournit aux prestataires, qu'il s'agisse de véhicules avec chauffeurs professionnels, de chauffeurs amateurs, ou de taxis (dans certaines villes).

Pour 2016, Uber estime pouvoir réaliser 26,12 milliards de dollars de chiffre d'affaires, ce qui lui laisserait un peu plus de 5 milliards à enregistrer dans ses propres comptes, une fois les 80 % reversés aux chauffeurs. Ce serait quasiment dix fois plus qu'en 2014, où Uber avait enregistré 2,91 milliards de dollars de réservations, et près de quarante fois plus qu'en 2013, où le service comptait moins de 700 millions de dollars de courses facturées !

Le chiffre de 2 milliards de dollars de chiffre d'affaires après commission pour 2015 est très supérieur à celui dévoilé en juin dernier par Bloomberg, qui avait évoqué 470 millions de dollars de chiffre d'affaires, mais sans fournir la période. Le document cité aujourd'hui par Reuters est relativement récent puisqu'il ferait état de chiffres datés du mois de juin 2015.

ENTRÉE EN BOURSE

En revanche le document ne dit rien de la rentabilité d'Uber, qui serait déficitaire malgré son modèle économique extrêmement léger en coûts structurels, en raison des réinvestissements massifs qu'il réalise pour s'implanter au plus vite dans un maximum de pays du monde (déjà une cinquantaine), et pour remplacer au plus vite les chauffeurs par des robots. La firme valorisée 50 milliards de dollars a créé son propre centre de R&D et recruté à prix d'or parmi les meilleurs techniciens du monde pour développer des voitures autonomes qui pourront aller chercher le client où il est et le déposer où il le souhaite, sans avoir à  reverser de commissions aux humains qui permettent actuellement à Uber d'opérer ses services.

Accessoirement, les robots n'auront aucun antécédent judiciaire susceptible de mettre en péril la réputation d'Uber, comme c'est le cas aux Etats-Unis où Uber est accusé d'avoir accepté d'anciens tueurs, violeurs ou cambrioleurs.

Toujours selon Reuters, Uber préparerait également son entrée en bourse, programmée pour les 18 à 24 prochains mois. Son succès sera toutefois conditionné, pour partie, à la capacité du service à mettre fin aux poursuites judiciaires et aux interdictions à répétition dont il est l'objet partout à travers le monde.

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