Les autorités américaines de contrôle de la sécurité aérienne n'ont pas donné raison à Amazon. Alors que le géant du e-commerce rêve de pouvoir en partie remplacer les livreurs par des drones plus rapides et plus économiques, les nouvelles règles d'encadrement des drones proposées par la FAA ne laissent aucune marge de manoeuvre au projet Amazon Prime Air.

Amazon n'a pas réussi à convaincre les autorités de sécurité aériennes américaines de l'intérêt social impérieux de la livraison par drones. La Federal Aviation Administration (FAA), qui avait prévenu Amazon que son projet de livraison par drones était incompatible avec la réglementation, a communiqué dimanche un projet de nouvelles règles pour encadrer l'utilisation des drones civils dans le ciel américain. Mais les règles proposées continueraient de s'opposer à toute exploitation des drones pour livrer des paquets aux clients d'un site e-commerce.

En particulier, les règles proposées, qui s'appliquent aux "petits drones" de moins de 22,5 kg, interdisent aux opérateurs de faire voler leurs engins à perte de vue, ce qui interdit les vols pilotés à distance depuis des bureaux, ou les vols pilotés par intelligence artificielle. Les pilotes, qui devront par ailleurs passer tous les deux ans un test de connaissance de la réglementation aérienne, devront toujours avoir leur drone en vue, et éviter de survoler des individus. Ils ne pourront pas voler à plus de 100 miles par heure (160 km/h environ), et à plus de 150 mètres de hauteur.

La FAA laisse toutefois une petite porte ouverte, puisqu'elle propose de profiter de la nouvelle réglementation pour proposer des règles spécifiques pour les "micro drones" de moins de 2,2 kg, charge comprise. Il est cependant improbable qu'une telle réglementation profite à Amazon Prime Air, qui vise la livraison d'objets de 2,5 kg, sans compter le poids du drone lui-même. A défaut d'autorisation aux Etats-Unis, c'est en Inde qu'Amazon expérimente son service.

En France aussi, la réglementation française sur les drones s'oppose à la livraison par des drones pilotés par intelligence artificielle, ou même pilotés à distance depuis un centre de commandement. L'an dernier, le ministère de la Défense qui a compétence sur la réglementation de l'utilisation de l'espace aérien s'était opposé aux livraisons par drones, au motif que "les garanties en matière de sécurité aérienne ne seraient par hypothèse pas suffisantes au regard notamment des conditions d'utilisation des aéronefs militaires et des aéronefs d'État qui peuvent être amenés à évoluer à basse altitude au titre des missions militaires ou de service public, d'assistance ou de sauvegarde des personnes qu'ils accomplissent".

Dans un avenir beaucoup plus lointain, le contrôle aérien pourrait toutefois évoluer, pour laisser lui-même à l'intelligence artificielle, ou au moins à une part très importante d'automatisation des manoeuvres. C'est le sens d'un projet de la NASA, qui travaille à un contrôle aérien robotisé. 

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