Amazon souhaite que l'administration de l'aviation civile aux États-Unis fasse preuve de souplesse sur la question des drones commerciaux. Bien décidée à lui forcer la main, l'entreprise américaine, qui compte développer un service de livraison avec ces petits engins, a mis dans la balance l'éventualité d'une délocalisation de certaines de ses activités.

L'an dernier, Amazon a dévoilé un nouveau projet visant à livrer ses clients avec des drones. Baptisé PrimeAir, le service devrait voir le jour dans quelques années. D'ici là, la société américaine doit mener de très nombreux tests pour améliorer l'autonomie, la manœuvrabilité et la fiabilité des drones afin de limiter les risques au maximum lorsqu'ils évolueront en zone urbaine.

À l'heure, les expérimentations ont lieu dans deux pays. En Inde, près de Bombay et Bangalore selon la presse locale, et au Royaume-Uni, d'après une offre d'emploi publiée sur le site britannique du géant du commerce électronique. Et aux États-Unis ? Les essais sont pour l'instant mis en veilleuse depuis que l'administration de l'aviation civile a mis le holà.

En juin, celle-ci a en effet a prévenu que la société américaine serait poursuivie si elle faisait voler un drone dans l'espace aérien alors que la loi interdit d'utiliser des drones civils à des fins commerciales. L'agence a par ailleurs fixé par ailleurs par sécurité un ensemble de restrictions qui ne sont pas en mesure d'être respectées par Amazon Prime Air, comme l'interdiction pour l'opérateur de perdre de vue son drone.

Dans un courrier envoyé le mois suivant aux autorités aériennes, Amazon a tenté de les pousser à assouplir leur position, afin d'obtenir l'autorisation de procéder à des tests de livraisons par drones et de réfléchir à une modification de la législation.

Manifestement, cela n'a pas suffi. Le Wall Street Journal, qui a pu consulter un courrier écrit par Paul Misener, le vice-président d'Amazon en charge des politiques publiques, rapporte que le spécialiste du e-commerce est prêt à déplacer certaines activités liées à PrimeAir à l'étranger si l'administration de l'aviation civile ne lui permet pas d'effectuer des tests de vol sur le territoire américain.

L'une des craintes d'Amazon est de voir émerger des concurrents étrangers dans le domaine de la livraison par drones, grâce à des législations locales moins contraignantes. Ces derniers pourraient alors devenir de redoutables concurrents, notamment sur le marché américain, lorsque l'administration de l'aviation civile acceptera le vol des drones commerciaux.

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