La secrétaire d'État chargée du numérique a exprimé ses regrets sur la manière dont le dossier Dailymotion - Yahoo a été géré par son ancien collègue Arnaud Montebourg, alors ministre du redressement productif. Pour Axelle Lemaire, cela a engendré des dommages collatéraux sur l'image de la France à l'étranger.

La méthode Montebourg pour gérer le dossier Dailymotion a laissé des traces qu'il est aujourd'hui difficile de faire partir. C'est en filigrane ce qu'a expliqué Axelle Lemaire lors de son passage sur le plateau de BFM TV jeudi 13 novembre. Pour la secrétaire d'État chargée du numérique, la façon de faire de l'ex-ministre du redressement productif a passablement dégradé l'image de la France à l'étranger.

"Quand je rencontre des investisseurs étrangers, j'ai beau leur expliquer le cadre fiscal et réglementaire pour attirer les investisseurs et les talents étrangers, les stéréotypes et les préjugés véhiculés par les médias anglo -saxons ont la vie dure et ce genre d'affaire ne nous aide pas", a-t-elle expliqué, pointant ainsi les "dommages collatéraux" qui sont apparus peu après.

Cela étant, la secrétaire d'État ne dit pas que son ancien collègue a eu tort de mettre le holà sur les ambitions de Yahoo. Le principe d'une participation équilibrée entre Orange (qui détient Dailymotion à 100 %) et Yahoo était d'ailleurs validé par l'ancien ministre. En fait, les critiques voilées portent plutôt sur le style qu'Arnaud Montebourg a choisi d'appliquer pour empêcher le site de se faire dévorer par le portail.

En effet, l'ancien ministre s'est opposé avec force au projet de Yahoo, qui voulait prendre le contrôle de 75 % du capital du site et non pas 50 %, ce qui n'a pas échappé aux médias (notamment étrangers). Avec moins de grandiloquence, l'État aurait pu tout aussi bien préserver ses intérêts sans nuire à son image. Mais le mal est fait et Orange doit désormais chercher un autre partenaire.

Et dans ce domaine, l'opérateur historique pourra compter sur le soutien d'Axelle Lemaire, à condition qu'un accord satisfaisant soit trouvé. "Si on arrive à aller chercher des investisseurs intéressés par ce qu'est Dailymotion avec un potentiel de rayonnement de la culture francophone à l'étranger, allons-y. Et Orange sait que je serai à leur côté pour chercher des partenaires".

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