Les concepteurs de l'application mobile Room suspectent Facebook d'avoir repris le principe du service pour lancer Rooms, un logiciel qui permet de créer des salons de discussion et d'y participer de façon anonyme.

Où s'arrête l'inspiration, où commence le plagiat ? C'est la question qui risque de revenir en permanence dans le conflit à venir entre Facebook, qui a lancé cette semaine une application mobile baptisée Rooms, et une société qui propose depuis un mois un service très similaire.

Rappel des faits. Ce vendredi, le réseau social a sorti un nouveau logiciel qui repose sur le principe des salons de discussion. Les usagers peuvent rejoindre des espaces thématiques depuis leur terminal et publier du texte, des photos ou des vidéos. Les conversations se font sous pseudonyme et les usagers n'ont pas besoin de renseigner beaucoup de données personnelles pour rejoindre la plateforme.

Le problème, c'est que Rooms ressemble beaucoup à une autre application baptisée… Room. Les fonctionnalités des deux programmes sont très proches et ils sont tout deux compatibles avec les terminaux sous iOS (Room figure aussi sur Android). Seule différence notable, la publication de Room sur l'App Store est survenue le 18 septembre, c'est-à-dire cinq semaines avant l'apparition de Rooms.

Que propose Room ?

L'application "permet de créer des mini réseaux sociaux privés, confidentiels et sécurisés (jusqu’à 500 personnes)" pour offrir "une nouvelle manière de communiquer sur mobile". L'accès à une salle se fait par invitation ou mot de passe et le minimum est demandé (un pseudonyme et une photo). Les usagers peuvent publier aussi des médias ou du texte, interagir avec des contenus.

Ce n'est certes pas très révolutionnaire. Le principe des salons de discussion existait déjà du temps de Caramail ou d'IRC. Mais dans cette affaire, Room constate surtout qu'il est sorti en premier. Et de ce fait, il considère que Facebook enfreint sa propriété propriété intellectuelle. En effet, les concepteurs sont convaincus que le site s'est directement basé sur leur produit.

"Nous ne savons pas ce qui s’est passé, s’il y a eu une fuite lors de notre développement, si des cadres de Facebook que nous connaissons, ou qui connaissent certains de nos proches, ou simplement Facebook, ont vu notre app et l’ont trouvée assez cool pour être copiée. Mais nous sommes certains qu’il ne s’agit pas d’une coïncidence", a commenté Room Inc, dans un communiqué cité par MacPlus.

"Nous ne comprenons pas comment Facebook, avec ses équipes de juristes, peut sortir une app avec quasiment le même nom et les mêmes fonctionnalités. Mais nous ne laisserons pas ceci se développer, et nous voulons défendre tous les créateurs qui ont des idées et des visions", a ajouté la firme.

La prochaine étape devrait donc être le dépôt d'une plainte. Mais le différend pourrait tout aussi bien se régler à l'amiable, avec un gros chèque pour calmer les élans procéduriers de Room Inc. Après tout, Facebook a largement les moyens d'acheter sa tranquillité judiciaire.

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