Après Comcast, Netflix a annoncé la signature d'un accord d'interconnexion avec un autre grand FAI américain, Verizon. Mais le géant de la VOD ne veut plus avoir à céder au chantage exercé par les opérateurs télécoms.

Quelques semaines après avoir signé un accord de peering avec Comcast, Netflix a annoncé mardi la signature d'un accord d'interconnexion avec un autre géant américain des télécoms, Verizon.

"Nous espérons qu'il améliorera les performances pour les clients dans ces prochains mois", a commenté Joris Evers, le directeur de la communication de Netflix en Europe. Mais, a-t-il ensuite prévenu en publiant un lien vers un billet de blog du 20 mars dernier, "les FAI ne devraient pas être en position d'extorquer des péages".

"L'essence de la neutralité du net c'est que des FAI comme AT&T et Comcast ne limitent pas, n'influencent pas ou ne mêlent pas d'une quelconque autre manière des choix que les consommateurs font", expliquait Netflix sur ce billet. "Une neutralité du net forte empêche par ailleurs que des FAI facturent un péage pour l'interconnexion avec des services comme Netflix, YouTube ou Skype, ou avec des intermédiaires comme Cogent, Akamai ou Level 3, pour délivrer les services et les données demandées par les abonnés du FAI".

Netflix expliquait alors n'avoir pas d'autre choix que de payer pour mettre fin à la dégradation de la qualité de son service par les FAI, et dénonçait un abus de position dominante par les opérateurs, et un comportement presque mafieux — qui n'est pas sans rappeler les méthodes de Free en France

Le Peer-to-Peer (P2P) à la rescousse ?

"Netflix croit dans le fait que la neutralité du net est critique, mais dans le court terme nous allons payer le péage aux puissants FAI pour protéger l'expérience de nos clients", annonçait le service de vidéo en ligne.

A plus long terme, il pourrait s'en remettre à une architecture P2P pour rééquilibrer le ratio entre téléchargements et upload, et ainsi annihiler le besoin de signer des accords de peering (voir à ce sujet notre article de 2011 dans lequel nous expliquions que la neutralité du net dépend du sort du P2P).

Au delà des impératifs techniques, la question sous-jacente est de savoir s'il est normal qu'un fournisseur d'accès à internet fasse payer à la fois leurs abonnés et les services en ligne auxquels ces abonnés désirent accéder dans de bonnes conditions, et si oui, selon quels critères. Or les accords de peering sont très souvent d'une grande opacité, à l'instar de celui signé par Netflix avec Comcast, dont on sait simplement qu'il a eu pour effet d'augmenter les performances de 65 %.

Les sommes exigées par les FAI sont-elles une facturation au coût réel (très faible selon l'Arcep) de l'interconnexion, ou les opérateurs en profitent-ils pour générer de nouvelles marges bénéficiaires très juteuses qu'ils n'arrivent plus à dégager auprès des abonnés ?

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