Le CSA chinois impose désormais aux plateformes de vidéos en ligne d'exiger l'identité réelle des internautes avant de les laisser partager une nouvelle vidéo.

L'Administration d'Etat de la Radio, du Film et de la Télévision de la République Populaire de Chine, qui fait office de super-CSA chinois, a publié cette semaine un avis qui demande aux hébergeurs de vidéos en ligne de demander et de vérifier l'identité réelle des internautes avant de les laisser uploader des vidéos. Elle confie également à l'autorité le droit d'exiger le retrait de toute production audiovisuelle qui violerait les règles de contenus établies par elle-même.

Selon les propres termes de l'avis, rapporté par Tech In Asia, la mesure vise à "améliorer la gestion, créer un environnement civilisé et sain, et interdire les contenus audiovisuels vulgaires, pornographiques et violents qui ont un impact sur la société".

Tous les sites internet exerçant en Chine devront donc exiger la carte d'identité des internautes qui souhaitent rendre publiques des vidéos sur leurs plateformes, et vérifier que l'identité fournie est bien la bonne. Une formalité coûteuse, qui s'accompagne de pénalités pour les hébergeurs qui laissent en ligne des vidéos jugées contraires au règlement par le CSA chinois.

En France, une carte d'identité électronique en stand-by

Malgré sa réputation, la Chine n'est pas la première à exiger une telle vérification d'identité. La Corée du Sud l'a mis en place dès 2009, tandis que l'Union Européenne y réfléchit de façon détournée. En 2012, la Commission Européenne avait ainsi suggéré un futur "cadre paneuropéen d'authentification électronique qui permettra d'utiliser des attributs personnels (l'âge en particulier) pour garantir le respect des dispositions" de protection de l'enfance, ce qui obligerait de fait les réseaux sociaux et plateformes de vidéos en ligne à vérifier l'identité des internautes.

En France, l'identification en ligne aurait dû être facilitée par la nouvelle carte d'identité numérique, pour laquelle l'article 3 du projet de loi relative à la protection de l'identité prévoyait que "si son titulaire le souhaite, la carte nationale d'identité contient en outre des données, conservées séparément, lui permettant de s'identifier sur les réseaux de communications électroniques et de mettre en oeuvre sa signature électronique". Mais la disposition a été censurée par le Conseil Constitutionnel, au regard de son imprécision, ce qui a provoqué le gel de la nouvelle carte d'identité électronique (CNIe).

Il y a quelques semaines, le ministère de l'intérieur annonçait une mission visant à conclure, d'ici 3 mois, sur la nécessité ou non de poursuivre le projet d'une authentification en ligne assurée par la CNIe.

En tout état de cause, même si la loi ne l'exige pas, YouTube pousse de plus en plus à utiliser son vrai nom, à travers le rapprochement forcé de YouTube et Google+.

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