Le contrat de location de la batterie des Renault ZOE prévoirait que le constructeur puisse retirer le droit à recharger la batterie, en cas de défaut de paiement ou de résiliation. Un contrôle que Renault se défend de pouvoir exercer en pratique.

C'est une petite révolution dans l'industrie automobile. Lorsque vous achetez une voiture électrique Renault ZOE, à un prix pourtant similaire à toute autre voiture de même catégorie, vous n'en devenez pas pleinement propriétaire. Le conducteur doit en effet louer la batterie pour un prix qui oscille de 79 euros par mois à 142 euros en fonction du nombre de kilomètres par an prévus au contrat. "Quelle que soit votre formule d’acquisition du véhicule (achat ou location), la batterie sera toujours en location (…) afin de garantir un prix d’achat (hors batterie) proche de celui d’un véhicule thermique de la même catégorie", justifie Renault sur son site internet.

Les charges doivent être opérées à partir d'une borne Renault, soit accessible publiquement (dans les parkings, stations services, centres commerciaux…), soit le plus souvent installée à domicile par un professionnel spécialement agréé.

Mais pour s'assurer que le client continue de payer chaque mois son abonnement et n'utilise pas une batterie pirate en cas d'impayé, le constructeur français aurait équipé son véhicule d'un système de DRM qui empêche la recharge si l'abonnement est résilié, ou si une autre batterie est utilisée.

Dans un article publié à la fin du mois dernier, la FSF avait en effet dénoncé cette innovation, remarquée par un utilisateur d'un forum allemand de propriétaire de voitures électriques. Il explique que le contrat passé avec Renault autorise le constructeur à désactiver le droit de recharger la batterie à la fin de la période de location, ou lorsque le propriétaire de la voiture ne paye pas sa mensualité.

"Cela veut dire que Renault dispose d'une manière de contrôler à distance le processus de chargement de la batterie", s'inquiétait la FSF. La Fondation citait un article du Spiegel ajoutant que les voitures électriques comme la Zoe collectent nombre d'informations sur les trajets de leurs propriétaires, qui sont automatiquement envoyées aux constructeurs, sans que les conducteurs en soient dûment informés. "Ces données disent à l'entreprise où vous allez, quand, et à quelle vitesse, où vous chargez la batterie, et beaucoup d'autres choses", résumait la FSF.

"S'il y a un mécanisme qui contrôle à distance ce que fait votre voiture, quelqu'un utilisera ce mécanisme à un moment où un autre. Ce pourrait être le fabricant, désactivant votre voiture au moment où vous n'arrivez plus à payer votre abonnement parce que vous avez perdu votre emploi (…). Ce pourrait être le gouvernement, obligeant le constructeur à suivre ses instructions". 

De quoi justifier un appel au boycott.

Mais de son côté, Renault se défend d'avoir introduit un DRM dans ses batteries. "Concrètement, il ne s’agit pas d’un DRM. On n’a aucune restriction sur la voiture. Ce n’est pas notre rôle", assure le constructeur à PC Inpact. Dans un communiqué, Renault a précisé à La Libre que "les batteries de Zoé disposent d’une unité de télécommunication (TCU) qui ne gère pas les DRM". "Ce système de gestion électronique permet l’optimisation de la charge et de l’entretien tout en garantissant la sécurité au cours de l’utilisation. En aucun cas il n’interfère avec l’usage et la propriété de son véhicule par le client", affirme l'entreprise française.

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