Entre l'Europe et les USA, les pratiques en ligne diffèrent. Si le Vieux Continent reste attaché au P2P, les États-Unis s'intéressent plutôt aux services de VOD. Dans ce domaine, deux services génèrent plus de la moitié du trafic quotidien tandis que les échanges en P2P pèsent désormais moins de 10 %.

Le fossé des usages se creuse entre l'Europe et les États-Unis. Alors que les échanges en peer-to-peer (P2P) constituent toujours une part très importante du trafic sur le Vieux Continent, la situation est diamétralement opposée de l'autre côté de l'Atlantique. En effet, le partage de fichiers en P2P pèse aujourd'hui moins de 10 % du trafic quotidien en Amérique du Nord et il devrait encore reculer dans un avenir proche.

Dans son dernier rapport, la société Sandvine, dont la spécialité est l'analyse du trafic en ligne, confirme la progression insolente d'autres pratiques, très gourmandes en bande passante. C'est typiquement le cas de la vidéo : les internautes en sont très friands, à tel point que deux services génèrent plus de la moitié du trafic quotidien aux USA sur les lignes fixes.

Dans le sens descendant, Netflix représente un peu moins d'un tiers du trafic quotidien (31,62 %) tandis que YouTube arrive sur la deuxième marche du podium (18,62 %). Les autres services du même acabit, comme Amazon (1,61 %), Hulu (1,29 %) ou iTunes (3,27 %), vont dans le sens d'une domination des usages à la demande, même si ces trois services ne pèsent pas lourd individuellement.

Pour Sandvine, la dégringolade relative du P2P et la montée en puissance de la vidéo traduisent un basculement dans les pratiques des internautes, puisque ces derniers veulent désormais accéder à du divertissement immédiatement (via la VOD) et non plus vivre une expérience différée (via le P2P, qui implique un téléchargement préalable).

Il convient toutefois de nuancer les mesures de Sandvine. Si la part relative des services de VOD explose effectivement, au détriment de celle représentant le P2P, cela ne signifie pas nécessairement que les internautes américains se détournent tous du peer-to-peer. En valeur absolue, celui-ci progresse toujours (+40 % en six mois en 2012), mais beaucoup moins vite que la vidéo.

Ce décalage entre les États-Unis et l'Europe est-il la démonstration d'une offre légale digne de son nom sur le Vieux Continent ? Bien que Netflix travaille à son développement international (il est présent dans sept pays européens), il n'est toujours pas disponible en France ou en Allemagne. Les alternatives européennes peinent également à s'imposer, à cause peut-être d'un cadre réglementaire inadapté.

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