La chronologie des médias sera-t-elle révisée fenêtre d'exploitation après fenêtre d'exploitation ? En tout cas, la ministre de la culture, Aurélie Filippetti, souhaite au moins une réforme concernant la vidéo à la demande par abonnement (SVOD).

Dans son rapport sur la politique culturelle à l'ère des contenus numériques, remis ce printemps au gouvernement, Pierre Lescure a proposé une révision (timide) de la chronologie des médias. Il s'agirait par exemple de resserrer chaque fenêtre d'exploitation, car la dernière révision en la matière est jugée obsolète par de nombreux acteurs ou observateurs du milieu artistique.

Selon Pierre Lescure, une nouvelle chronologie des médias permettrait "d'introduire davantage de souplesse, de favoriser la circulation des œuvres et de décourager le piratage, tout en contenant les risques de 'cannibalisation' des modes traditionnels d’exploitation et en protégeant le système de préfinancement des œuvres". Aujourd'hui, les fenêtres vont de 4 à 48 mois après la sortie en salle.

Invitée la semaine dernière par l'association des journalistes médias, Aurélie Filippetti a manifesté son intention de peser dans ce dossier. "Pour le cinéma, il y a la question de la chronologie des médias : je veux que l'on avance là-dessus ; les blocages ne sont pas normaux ; il y en a trop", a-t-elle jugé, dans des propos repris par le magazine Édition Multimédi@.

À défaut d'une vaste réforme du dispositif, la ministre de la culture considère "qu'il faut au moins un compromis sur la vidéo à la demande par abonnement (SVOD)". Selon le dispositif actuel, la SVOD peut exploiter un film 36 mois (trois ans) après son exploitation en salle. Le rapport Lescure propose une fenêtre SVOD se déclenchant 18 mois (un an et demi) après l'exploitation en salle.

Et la ministre a fait savoir que les professionnels ont tout intérêt à s'entendre, car sinon "une disposition législative pourrait intervenir". L'année dernière, lors du Festival de Cannes, Aurélie Filippetti avait promis une "évolution" sur la chronologie des médias mais souhaité que celle-ci se déroule  "dans la concertation, sans précipitation". Plus d'un an après, la ministre a décidé de mettre un peu la pression.

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