Désormais très impliqué dans sa fondation, Bill Gates aimerait que les entreprises de la Silicon Valley revoient le sens de leurs priorités. Si fournir à tout le monde un accès à Internet est un objectif louable, ce n'est pas le plus urgent : il faut d'abord apporter des vaccins pour lutter contre les maladies infectieuses.

Depuis son départ de la tête de Microsoft en 2000 puis de sa démission de toute fonction opérationnelle au sein du groupe en 2008, Bill Gates a occupé une bonne partie de son temps à organiser des actions philanthropiques dans le cadre de sa fondation. On se souvient par exemple de son appel adressé aux milliardaires, les invitant à donner l'essentiel de leur fortune à des causes charitables.

Or, les nouvelles activités de Bill Gates – qui a déjà donné 20 milliards d'euros et compte céder 95 % de sa fortune à des œuvres humanitaires – l'amènent quelques fois à intervenir dans la presse pour évoquer ses projets mais aussi pour s'exprimer sur certaines initiatives. Et dans ce domaine, le fondateur de Microsoft est parfois très critique envers ses contemporains.

Dernièrement, c'est le plan d'Internet.org que Bill Gates a taclé. Interrogé à ce sujet par le Financial Times, l'entrepreneur américain n'a pas remis en question le principe de connecter toute l'humanité mais s'est interrogé sur le sens de priorité de ceux derrière cette initiative (Facebook, Samsung, Ericsson, Nokia, Qualcomm, Mediatek et Opera Software).

À ses yeux, l'urgence n'est pas de connecter tout le monde mais plutôt que chacun puisse accéder au vaccin contre le paludisme. Cette maladie infectieuse est d'ailleurs l'un des principaux enjeux dans lequel la fondation de Bill Gates intervient. Selon cette dernière, près de 2 milliards de dollars ont été mobilisés contre le paludisme et 1,4 milliard pour contre le sida, la tuberculose et le paludisme.

"J'adore vraiment l'informatique et les nouvelles technologies. Mais lorsque nous voulons améliorer les conditions de vie, vous devez gérer des choses plus basiques comme la survie de l'enfant ou la malnutrition", a-t-il commenté. "Les ordinateurs ne sont pas, dans la hiérarchie des besoins humains, dans le top cinq", a-t-il ajouté, faisant écho à la fameuse pyramide des besoins de Maslow.

Cet été, Bill Gates s'était déjà interrogé sur l'urgence de connecter tout le monde alors que des populations ont des préoccupations plus impérieuses comme survivre, manger, se soigner ou accéder à l'éducation. À l'époque, l'homme d'affaires avait sonné la charge contre Google Loon, l'Internet via des ballons-sondes imaginé par Google pour apporter le net dans des zones reculées.

 (photo : CC BY-SA Mathieu Sroussi )

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