Président de la Fédération française des télécoms, Pierre Louette a rappelé l'intérêt des opérateurs de téléphonie mobile pour la bande 700 MHz. Cependant, la hâte du gouvernement sur ce dossier lui fait penser à une accélération de l'histoire à cause de considérations financières.

Identifiée par l'ARCEP comme un enjeu majeur pour le développement du très haut débit mobile, la bande de fréquences 700 MHz (694 – 790 MHz) est au cœur d'une bataille entre les chaînes de télévision de la télévision numérique terrestre et les opérateurs de téléphonie mobile. En effet, l'exécutif compte céder une partie des fréquences utilisées par la TNT pour soutenir le secteur des télécoms.

Celui-ci a en effet grand besoin de nouvelles fréquences, celles-ci étant rares par nature. Toutefois, la Fédération française des télécoms (FFT) s'étonne de la hâte du gouvernement sur ce dossier. Son président, Pierre Louette, également directeur exécutif chez Orange, a ainsi confié au Figaro sa réserve vis-à-vis de ce qu'il considère comme une "accélération de l'histoire".

"Nous voulons que la question des fréquences soit plus prévisible, plus programmée par les pouvoirs publics. Là nous avons le sentiment qu'il y a une accélération de l'histoire parce qu'il y a des besoins de financement", a-t-il commenté. Or si les opérateurs ont besoin de nouvelles fréquences, le calendrier actuellement suivi par l'exécutif pose question.

"Il se trouve que l'on déjà versé 3 à 4 milliards dans les dernières années en achat de fréquences. Quand on les a acheté, le gouvernement avait dit qu' une telle occasion ne se représentera pas rapidement. C'est comme cela que les prix ont grimpé. Mais, à peine avons-nous commencé à utiliser celles achetées qu'on veut nous en vendre d'autres" a-t-il fait remarquer.

Cependant, la perplexité de la Fédération française des télécoms devrait rapidement être balayée face à la réalité des usages. De l'aveu même de Pierre Louette, le trafic des données mobiles a progressé de 67 % l'an dernier sur l'ensemble des télécoms. L'utilisation des mobiles ne cesse d'augmenter, qu'il s'agisse des données de l'Internet mobile, des SMS ou des appels.

Sur ce point, l'ARCEP invite le gouvernement à trancher relativement vite. "Le choix de principe ou non d'affecter en France la bande 700 MHz au service mobile représente un enjeu de politique publique de premier plan", selon le régulateur. "Il est nécessaire qu'une décision du Premier ministre soit connue avant l'année 2015".

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