La bande 700 MHz est devenue un objet de discorde entre les opérateurs de téléphonie mobile et les chaînes de la TNT. Au centre de cette querelle, la décision de l'Élysée de privilégier les premiers au détriment des seconds. L'exécutif a en effet choisi de céder une partie des fréquences utilisées par la TNT pour le secteur des télécoms.

La bande de fréquences 700 MHz (694 – 790 MHz) sera-t-elle exploitée par les chaînes de télévision de la télévision numérique terrestre ou sera-t-elle attribuée aux opérateurs de téléphonie mobile ? Identifiée par le régulateurs des télécommunications comme un "enjeu majeur" pour le développement de l'accès au très haut débit mobile, cette plage donne aujourd'hui lieu à un bras de fer au sein de l'État.

Or, ce duel est en passe d'être remporté par les opérateurs de téléphonie mobile. D'après le quotidien économique Les Échos, l'exécutif a décidé de privilégier ce secteur au détriment de la télévision numérique terrestre. Les entreprises, qui se sont déjà engagées à tester des solutions pour éviter que les réseaux 4G ne perturbent pas la TNT, pourront donc s'appuyer sur des ressources supplémentaires.

Selon Les Échos, des enchères pourraient avoir lieu d'ici trois ans pour répartir les futurs blocs de fréquences. Le problème, c'est que l'attribution de ces fréquences a été décidée sans avoir informé le Conseil supérieur de l'audiovisuel, le ministère de la culture et les services du premier ministre. Or, l'arbitrage de l'Élysée s'est fait sans avoir eu leurs retours.

Manifestement, le choix de la présidence de la République a pris en compte la réalité budgétaire du pays. Non seulement les réseaux mobiles très haut débit sont un vecteur de croissance, mais en plus la mise aux enchères de nouvelles fréquences permettra de monétiser très fortement ces ressources issues du patrimoine immatériel de l'État.

Les discussions interministérielles promettent d'être fortement animées, sans parler de l'intervention d'intervenants extérieurs (opérateurs, chaînes de télévision, CSA, ARCEP…). Une chose est sûre : "le choix de principe ou non d'affecter en France la bande 700 MHz au service mobile représente un enjeu de politique publique de premier plan", avait noté l'ARCEP.

En conséquence, "il est nécessaire qu'une décision du Premier ministre soit connue avant l'année 2015", avait-il poursuivi. Visiblement, les choses se sont accélérées : le ministère de l'économie et des finances a d'ores et déjà reçu les opérateurs de téléphonie mobile pour leur signaler la décision de l'Élysée et les informer de la suite des évènements.

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