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Mediapart, lui, n'attend pas du gouvernement qu'il taxe Google
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 21 Décembre 2012 à 16h39 -
posté dans Société 2.0
![]() En demandant au gouvernement de taxer Google pour lui apporter une importante source de revenus supplémentaires, la presse se place dans une situation inconfortable qui met le doute sur son indépendance. Un doute renforcé par la position diamétralement opposée de Mediapart, qui estime que les moteurs de recherche n'ont pas à payer pour indexer et mettre en avant les articles de presse sur un service d'agrégation. Il ne faut y voir qu'une fortuite coïncidence. Car ce ne peut être que ça. Ce ne doit être que ça. Mais c'est sans aucun doute révélateur d'un état d'esprit qui dépasse cette simple concomitance d'intérêts, et trahit deux cultures journalistiques. Le journal en ligne Mediapart, qui a publié les révélations sur l'existence d'un compte en Suisse qui aurait appartenu jusqu'en 2010 au ministre du budget Jérôme Cahuzac, et qui ré-affirme avec force ses informations (avec de nouvelles révélations ce vendredi susceptibles de donner une nouvelle dimension à l'affaire), est aussi à notre connaissance le seul quotidien national d'informations à ne pas demander au Gouvernement de créer une loi pour financer la presse en taxant les Google et autres agrégateurs de contenus. Les autres journaux, qui font preuve d'une étonnante perplexité voire d'une patente mauvaise foi devant les faits rapportés par leur confrère, sont tous membres de la récente Association de la presse d'information politique et générale (IPG), qui négocie avec Google sous le patronage bienveillant du gouvernement. Prendraient-ils le risque de mettre en difficulté un gouvernement qui a déjà programmé l'adoption prochaine d'une loi pour aider leur financement en taxant Google ? Qu'elle soit réelle ou fantasmée, légitime ou totalement idiote, cette interrogation a pour seul tort d'être possible. Car elle n'est possible que parce que la presse s'est placée elle-même dans une situation inconfortable de dépendance économique à l'égard des décisions futures du gouvernement. Elle se livre à une opération d'intense lobbying qui s'accompagne nécessairement, au pire d'actions de bienveillance, au mieux de simples soupçons que le traitement actuel de l'affaire Cahuzac ne fait rien pour calmer. Mediapart, de son côté, ne semble rien attendre du gouvernement. Payant, le quotidien affiche une insolente rentabilité à deux chiffres quand la presse traditionnelle, elle, peine à trouver sa rentabilité et doit se réduire à demander l'obole. Non seulement le site d'Edwy Plenel attaque le Gouvernement, mais il peut se permettre de le faire sans y jouer son avenir. Il n'a pas besoin d'affirmer son indépendance, il l'a démontre. Il n'est dépendant qu'à l'égard de ses abonnés qui demandent des enquêtes de qualité. Interrogé par Numerama, Mediapart nous indique qu'il suit la position du SPIIL, le syndicat de la presse indépendante d'information en ligne, qui a rejeté l'idée de taxer Google avec des arguments qui devraient toucher n'importe quel journaliste sensible à la qualité de son métier :
Mise à jour : comme nous le fait remarquer Vincent Glad, cette position est partagée par les autres membres du Spiil dont font partie Slate et Rue89, deux sites qui marquent également une différence de traitement. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Mediapart, lui, n'attend pas du gouvernement qu'il taxe Google»
![]() ![]() Liberté de Paul Eluard Liberté Sur mes cahiers d'écolier Sur mon pupitre et les arbres Sur le sable de neige J'écris ton nom Sur les pages lues Sur toutes les pages blanches Pierre sang papier ou cendre J'écris ton nom [message édité par mosquito33 le 21/12/2012 à 17:26
]
Fragile Mediapart, fragile, enlevez lui son fondateur et son carnet d'adresse gagné de hautes luttes dans les repas parisiens, il n'en restera pas grand chose.
Le Spiil estime que les difficultés actuelles des éditeurs de presse ne seront pas surmontées par la création d'une nouvelle rente, mais par l’émergence d’un nouvel écosystème de l'information numérique, qui favorise l'innovation, la diversité et l'indépendance de la presse. -> Yep, c'est beau. Cela dit, derrière ça tu mets tout et n'importe quoi. Et puis ça me gêne de plus en plus cette idée qu'il y aurait "une" presse, une espèce de caste AOC encartée. Ca ne me semble pas "tendance". ![]() - sûr que E. Plenel est la fondation de Mediapart. Mais bon, autrefois, les grands journaux étaient aussi lancés et représentés par des caractères forts, des "pointures"
- pour la presse (en général) je préfère de loin un profil à la mediapart plutôt que d'autres profils financés par - et donc dépendants de Dassault ou Lagardère par exemple. Après, à chaque journaliste de se croire -ou non- appartenir à une caste. Mmmmh.
Korben ou Billaut, ce sont des journalistes? Non. Ont ils une valeur journalistique? Oui. Barbier et... Mauriac (oups) sont ils des journalistes? Oui. Ont ils une valeur journalistique? Non. -> Le Spiil estime que les difficultés actuelles des éditeurs de presse ne seront pas surmontées par la création d'une nouvelle rente, mais par l’émergence d’un nouvel écosystème de l'information numérique, qui favorise l'innovation, la diversité et l'indépendance de la presse. -> J'emmerde le P de Spiil, pour le bien de l'innovation & la diversité & l'indépendance de l'éco-truc ![]() Faut pas tout mélanger non plus.
J'adore korben et Billaut, mais je ne leur demanderai pas d'aller enquêter sur le financement de campagnes électorales, par exemple. Pas plus qu'à Numérama. Ce n'est pas leur métier, ni leur domaine d'intervention. Mosquito, je suis pire qu'une nana, je ne mélange rien, j'ai des tiroirs dans la tête, sauf que je crée des liens entre les tiroirs, mon côté mâle peut être.
Bon, cela dit, tu as raison de mettre le doigt sur ça. Que penses tu des tentatives d'enquêtes crowdsourcées de la part de Agoravox? Que penses tu des vidéo amateurs qui foisonnent sur Youtube concernant ce qu'il s'est passé à Barcelone mi-novembre lors des manifs? Que penses tu des simples témoignages de vrais gens genre lanceurs d'alerte et qui valent largement le travail de 5 journalistes payés pendant 2 mois à "enquêter"? etc... Les "frontières professionnelles" se diluent cher Mosquito. ![]() ![]() Entre les idiots qui n'ont aucune idée des incidences de la délivrance des cartes de presses par ' l'autorité ' et ceux qui n'ont aucune idée de la compromission des merdias et des merdiacrates avec l'industrie/finance, y'a du mouron à se faire...
Pourquoi les merdias inféodés à l'industrie/finance en sont rendus à vouloir taxer un moteur d'indexation ? Parce qu'il suffit de lire les titres de leurs ' contenus ' pour ne pas avoir envie d'aller plus loin... Parce qu'ils ne font plus aucun journalisme d'investigation, ils font de l'infotainment bien débile pour débiles qui se revendiquent comme tels... Lire un seul article de médiapart, voire même du fofo gratuit de mediapart, c'est prendre conscience d'à quel point l'ensemble des merdias ' classiques ' font de la merde pour décérébrés 99 % du temps. Et quand on a goûté à la texture d'une véritable enquête journalistique, quand on a des faits à la place des digressions, quand on a un analyse impartiale à la place d'une stigmatisation manipulatoire, on ne peut plus s'en passer... Même si on est pas idéologiquement d'accord, et c 'est avant tout cela le journalisme; factuel, et au final émettre un avis personnel, et non se foutre de laggle des ' lecteurs ' en les manipulant... La ' presse ' traditionnelle est en chute libre ? Ouaip, à cause de la crise de confiance, à cause de la crise de crédibilité, et ils ne font rien pour s'améliorer, tout au contraire... ![]() Un grand merci a eux ! (et a vous, pour la pub)
Cote bonne presse qui sait se demerder faut pas oublier Le Canard Enchaine : vis a vis de la taxe ils s'en tapent ils ne sont pas sur le web. pas de pub, et, il me semble, pas de financement par de gros industriels/lobby Et aussi tous les independants qui participent a la diffusion de l'information sans avoir besoin d'une carte de presse. MERCI A VOUS TOUS ! (les autres mange-merde peuvent crever, et en silence svp) ![]() Ce qui me gene le plus, C'est que ces "journaux" sont tous propriété de grands groupes industriels et/ou Financier qui les utilisent désormais, non pour propager l'information, mais a des fins de propagandes pour leurs intérets et de désinformation ...
Je comprends bien le "drame humain" mais lorsqu'on a vendu son âme au diable, il faut bien, un jour payer le prix ! Seuls des journaux tels que Mediapart, le Canard, et quelques autres, indépendants, semblent donner satisfaction aux lecteurs et s'en sortir ... Donc, aux média traditionels de s'interroger sur les raison du désamour et de se "révolutionner" s'ils le peuvent, sinon, je trouve scandaleux de subventionner des "organes de presses" inféodés a des interets contraires a ceux de la population !!! Si ces "messieurs" veulent continuer a endoctriner la population, qu'ils le fassent a leurs frais !!! Doit on payer pour être outrageusement manipulé et désinformé ??? Non ! Alors que leurs scandaleux bénéfices engrangés via leurs autres activités qui bénéficient de la propagande de leurs journaux, financent donc cette "propagande" ... La pub, ce n'est pas gratuit ... [message édité par Silver974 le 22/12/2012 à 12:32
]
@TrisHR / conclusion http://www.numerama....te-graduee.html
@A tous les vrais gens. Il faut parler entre Vous du GRAND recadrage institutionnel, celui qui passe par la case Démocratie. Vous écrivez Pour les réflexions innovantes, si on veut qu'elles puissent réellement prendre corps il faut peut-être les sortir du schéma politique traditionnel. Je vous réponds que ceci est valable pour l'ensemble, j'ai bien dis l'ensemble, des champs de ce pays. J'ai lu ce matin cela, qui résume assez bien l'état des lieux : http://www.lexpress....le_1200613.html . Il faut parler entre Nous du GRAND recadrage institutionnel, celui qui passe par la case Démocratie. Mediapart parle d'indépendance alors qu'ils sont déjà financer par l'état :
http://www.contre-in...ions.fr/?p=4304 Je vois pas pourquoi on devrait payer pour ses ramassis de conneries, pourquoi on ne couperait pas le financement de la presse par l'état, regarder les journaux léche culs mourrir et enfin avoir une information un poil plus indépendante? Ca c'est du lien "informatif" et qu'on sent tout à fait mesuré! Mama mia, de Paul Valéry, nous sommes vraiment menacés par deux calamités, l'ordre et le désordre...
Perso, je préfère encore le grand capital bourgeois toussa au grand n'importe quoi. Même si la situation politique et économique actuelle n'est plus viable, ça me semble clair et très partagé par tout un ensemble de gens raisonnables, eux. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. Tous les champs doivent être remplis. |
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Le Spiil sait très bien qu'aucun éditeur de presse n'a le pouvoir de décider de comment seront construits les outils de demain sur le web, et encore moins comment ils seront utilisés.
C'est presque l'absolue contradiction avec le pouvoir de contrôle qu'ils (les éditeurs de presse/de l'information) ont sur la télévision et la presse papier.
En clair : ceux qui éditent l'information ne sont pas, n'ont jamais été et ne seront jamais (du moins, je l'espère) ceux qui décident de comment se fait sa diffusion sur Internet, tout simplement car ce ne sont pas leurs outils.
Je refuse catégoriquement que la presse gagne une indépendance totale sur Internet comme elle l'a sur les autres formes de média. En ce sens, le contrôle qu'à Google sur l'information et la dépendance qu'ils infligent est bénéfique si on le regarde comme une espèce de garde-fou.
Je ne dis pas que c'est évidemment la meilleure configuration, mais que c'est moins pire que le contrôle total de l'édition de information et de sa diffusion par une seule et même entité.
Pour finir : l'émergence d'un nouvel éco-système n'est pas faisable dans un environnement monopolistique. C'est con mais c'est comme ça. Non, un outil de diffusion de l'information qui concurrence Google ne verra pas le jour demain (cf mon premier paragraphe), et ça, le Spiil le sait pertinemment. Alors leur prise de position à la "c'est de la faute de la presse, à eux de se démerder" est complètement hypocrite dans le sens où c'est irréalisable à l'heure actuelle.
Si la presse veut s'approprier Internet, alors faut pas bosser contre Google, faut bosser avec.
Je ne fais que dire que c'est juste pas possible.
Google est trop important pour pouvoir s'en passer en claquant des doigts ou en disant "il suffit de faire un truc concurrent !" c'est un fait, c'est indéniable. C'est pour ça que je rigole quand le Spiil balance ça comme ça.
Les éditeurs de presse l'ont compris depuis un bout de temps : Google est un gros machin posé là et qu'on ne peut éviter.
Comme je l'ai dit tout à la fin de mon précédent message : on ne peut pas aller contre lui si on veut percer. Faut aller avec, l'accepter et l'utiliser.
Le problème ? Bah c'est quand Google veut pas. Donc, comme on ne peut simplement le concurrencer efficacement et comme il ne veut pas aller dans notre sens, il reste quelle solution ? L'obliger à faire ce qu'on souhaite.
Eeeet... tada, jolie idée de taxe ! C'est bien fait, hein ? On dirait une coïncidence super bien calibrée, n'est-ce pas ?
Le soucis avec cette ultime solution que de passer par la loi, c'est juste que c'est pourrit, ça engage le gouvernement sur une voie qu'il ne devrait pas prendre, et ça ralenti considérablement le développement de l'information dans son cadre général.
En bref : une taxe, c'est une solution à chier. Néanmoins c'est une solution réalisable, pas comme celle suggérée par le Spiil dans cet extrait. Nan, concurrencer Google de front, comme ça, c'est pas possible.
Alors ma question c'est : qu'est-ce qu'on peut faire et qui est réaliste/réalisable ?
Rien ? C'est clair qu'on va aller loi comme ça...
ce qu'on souhaite...
qu'est-ce qu'on peut faire...
C'est qui "On"?
C'est bien pour ca qu'ils ne le proposent pas.
Ils indiquent que changer l'environnement journalistique, evoluer par rapport aux anciens modeles, c'est "la" solution (on peut en debattre, mais ca ne me semble pas aberrant d'entree de jeu). Mais c'est une idee globale sur laquelle reflechir, pas une solution concrete a appliquer des que possible.
- Tu n'as jamais entendu qu'une mauvaise solution pouvait etre pire que pas de solution du tout?
- Encore une fois, la SPIIL ne propose rien dans cet extrait, a part de reflechir a un nouvel "ecosysteme" ou l'information ne serait pas dependante d'un unique moteur de recherche tant pour leur visibilite que pour leurs revenus.
- Tu preferes legiferer sans reflexion, juste parce qu'un probleme est presente comme "urgent et vital" par une partie prenante? Parce qu'il vaut mieux tourner en rond an ayant l'air de faire quelque chose que prendre son temps et passer pour un mou?
- Ou tu preferes prendre le temps de reflechir et ne legiferer qu'apres avoir etudie differentes options, l'impact de chacune (dans la mesure du possible, personne ne pouvant predire l'avenir), et le meilleur moyen de transcrire le choix retenu en termes legaux?
(Si tu reponds la premiere option, une chose est sure: je ne voterais pas pour toi lors d'une election quelconque. XD)
Ta question a du sens, je l'admets, mais ne retiens pas simplement la premiere option presentee par quelqu'un qui a des interets bien precis en vue.
Tu as raison, Google est très, voire trop important. Pour autant, il ne faut pas taxer pour aider une industrie dépassée (limite taxer pour refiler l'argent à la SPA, je serais plus pour).
Ta solution est pire que de ne rien faire parce que tu te places dans une situation de dépendance économique envers Google. Ce qu'il faut, c'est favoriser l'émergence de solutions libres et décentralisées genre YaCy ou les annuaires genre dmoz. Pas taxer pour favoriser ses copains de la presse.
Mais le gouvernement ne voudra naturellement pas d'une telle solution, ce qui doit déjà te dire que la taxation au profit de la presse est une fausse bonne solution.
N'en avez-vous pas marre des lavages de cervelles des médias aux ordres?
Quant à Google, vous lui accordez une faculté qu'il n'a pas : l'objectivité !