Comme de nombreuses entreprises, Free cultive son image et s'attache à défendre ses intérêts. Depuis son arrivée dans le secteur de la téléphonie mobile, l'opérateur n'a d'ailleurs pas hésité à brandir la menace d'une plainte en justice contre ceux le critiquant. Une journaliste en a fait les frais ainsi qu'un économiste, selon Challenges.

En arrivant sur le marché de la téléphonie mobile début 2012, Free a fortement contribué à diminuer la facture de téléphone des Français. Forcément très attractive, son offre principale à 19,99 euros par mois a contraint ses principaux concurrents, Orange, SFR et Bouygues Télécom, à remanier leur grille tarifaire, parfois à plusieurs reprises, pour l'aligner sur la formule du trublion des télécoms.

L'arrivée d'un nouvel opérateur téléphonique n'est jamais un évènement anodin, surtout lorsque celui-ci ambitionne de déployer son propre réseau d'antennes-relais. L'entreprise doit non seulement exister sur le plan médiatique, pour attirer des clients, mais aussi faire face à une série de difficultés techniques, dont la résolution dépend parfois d'autres acteurs.

Les difficultés du lancement

Sur le plan médiatique, Free Mobile a réussi son pari : le buzz a été considérable et les demandes ont été massives dès le premier jour, traduisant une très forte attente chez le consommateur. Mais sur le plan technique, les premières semaines ont été compliquées par divers soucis : portabilité du numéro, temps d'attente pour joindre le service client, retards de livraison des cartes SIM, qualité médiocre du réseau…

Ces problèmes ont depuis été pratiquement résolus. Ils ont cependant été le point de départ de multiples articles, dont certains ont notamment donné la parole aux concurrents de Free Mobile mais aussi à des économistes s'interrogeant sur les bienfaits de l'arrivée d'un nouvel opérateur sur l'emploi, l'économie et la bonne santé du secteur de la télécommunication.

Or, l'histoire récente laisse penser que Free est particulièrement soucieux de conserver son image positive. L'entreprise a en tout cas révélé dernièrement un goût certain pour la procédure judiciaire. Si dès septembre 2011, l'opérateur a mis en garde ses rivaux que tout dénigrement pourrait se régler devant les tribunaux, l'entreprise a également mis sous pression une journaliste et un économiste.

Une journaliste mise en examen

D'abord, c'est la journaliste Solveig Godeluck, journaliste chargée des télécommunications aux Echos, qui a été mise en examen pour diffamation, suite à un article intitulé "Pour faire face à Free, Bouygues lance un plan d’économies". Daté du 1er mars 2012, l'article contient une citation du secrétaire général de Bouygues Telecom, Didier Casas, qui a mis le feu aux poudres (le réseau de Free Mobile est une "notion nouvelle de réseau vide qui couvre").

Suite à la publication de ce papier, Free Mobile a changé de ton. Le 8 mars, l'entreprise a affirmé être prête à multiplier les procédures judiciaires contre ceux mettant en cause la qualité de son réseau téléphonique, la réalité de sa couverture ou le montant de ses investissements. "Depuis le 10 janvier, le marché français du mobile est concurrentiel et les Français s’en réjouissent, il faut l’accepter", écrivait alors Free.

Un économiste interpellé

Mais selon Challenges, les mises en garde de Free Mobile ne se limitent pas aux journalistes ou aux opérateurs adversaires. Ils concernent les économistes, et plus exactement ceux mettant en doute les vertus de l'arrivée d'un quatrième opérateur mobile. Le magazine rapporte que l'économiste Bruno Deffains, qui pense que Free va causer la destruction de plusieurs milliers d'emplois, a été intimidé par Free.

Cet été, il a reçu une "sommation interpellative" de la part d'Iliad, la maison-mère de Free. Il s'agit "de faire poser une question par huissier, celui-ci notera la réponse et en fera un procès-verbal qui sera utilisable devant un tribunal", explique l'avocate Brigitte Bogucki. Selon Challenges, l'huissier a demandé "pourquoi il cherchait à nuire à Free Mobile".

D'après le magazine, l'économiste a refusé de répondre à la question posée par l'huissier, dans la mesure où la personne interpellée n’est pas obligée de répondre.

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