L'Arcep annonce avoir ouvert une enquête sur les problèmes de connexion entre Free et YouTube. Depuis des années, les deux entreprises se renvoient la responsabilité des problèmes d'interconnexion, chacun accusant l'autre de ne pas investir assez. L'Arcep doit obtenir en décembre les remarques de Free, YouTube et trois opérateurs de transit. En fonction des retours, des mesures pourraient être engagées début 2013.

Chargée de réguler les communications électroniques dans l'Hexagone, l'Arcep s'intéresse évidemment de très près au duel à distance livré par YouTube et Free à propos de l'interconnexion. Alors que l'UFC-Que Choisir organise le mécontentement des abonnés afin de peser sur le gouvernement et l'obliger à intervenir, le gendarme des télécoms a indiqué ce mercredi avoir lancé une enquête administrative.

"L'Arcep a lancé en novembre une enquête administrative sur la dégradation de la qualité de service", annonce l'autorité dans un communiqué adressé à l'AFP. Iliad, maison-mère de Free, et Google, propriétaire de YouTube, ont reçu un questionnaire qu'ils devront renseigner et retourner "avant fin décembre". "Des explications techniques et financières" devront en outre apportées

"Début 2013, en fonction des réponses apportées, l'Arcep décidera s'il y a des suites à donner", ajoute le régulateur, qui précise que trois opérateurs transitaires devront aussi répondre aux questions de l'Arcep.

L'interconnexion entre les acteurs du net est un sujet suivi avec attention par l'Arcep. En mai, une consultation publique a été lancée. L'autorité notait alors que la dimension des tuyaux et les pratiques tarifaires engendrent des "tensions" qui affectent au final les abonnés.

L'annonce d'une enquête par l'Arcep survient au moment où l'UFC-Que Choisir a révélé mardi les résultats de son sondage. "83 % des abonnés de Free ayant répondu en nombre à notre sondage confirment qu’ils sont dans l’incapacité […]d’utiliser correctement YouTube", écrit l'association, avant d'ajouter que "Free est l’opérateur le plus problématique sur 6 d’entre eux et premier ex-aequo sur un autre".

Le sondage a montré par ailleurs que les difficultés d'interconnexion ne se limitent pas à YouTube et Free. Il a ainsi mis en lumière des difficultés chez les autres opérateurs de premier plan, notamment Orange et SFR. Ainsi, respectivement 47 % et 46 % de leurs abonnés "se plaignent également de l'accès à YouTube", c'est-à-dire pratiquement la moitié des sondés. C'est considérable.

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