Bousculé par la rumeur d'un bug révélant à tous le contenu des messages privés, Facebook s'emploie à calmer les esprits. De son côté, la CNIL souhaite entendre les responsables de Facebook France pour démêler le vrai du faux. Quant au gouvernement, il affiche une grande réserve à l'égard des pistes avancées lundi par le site communautaire pour expliquer l'origine du malaise.

Faille importante dans les paramètres de confidentialité ou emballement collectif infondé ? La réalité du bug Facebook évoquée lundi dans les médias reste encore à prouver. Alors que le réseau social américain se défend de toute négligence, la société estimant plutôt que les internautes n'ont pas bien compris les réglages du site utilisés à l'époque, la CNIL et le gouvernement sont en première ligne.

La CNIL va recevoir Facebook France

Quelques heures après l'émergence de cette énième polémique sur le respect de la vie privée des utilisateurs par le site communautaire, la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL) a indiqué ce mardi matin son intention de recevoir les responsables de Facebook France "afin de clarifier les conditions et la portée" de ce dysfonctionnement, s'il se confirme.

L'autorité de contrôle note que cela fait des années que les acteurs du secteur sont invités "assurer une protection optimale des données personnelles et de la vie privée sur les réseaux sociaux, ainsi qu'une information transparente de leurs utilisateurs". Or, le site américain n'est pas du tout un exemple en la matière. D'ailleurs, Facebook est loin d'être le réseau social le plus apprécié de la CNIL.

Facebook doit se montrer transparent

Avant même les conclusions de la rencontre programmée entre la CNIL et Facebook, le gouvernement a affiché sa grande circonspection. Interrogée par iTélé, la ministre déléguée à l'économie numérique a jugé que "la direction de Facebook est aujourd'hui incapable de nous donner la moindre explication sur ce qui s'est produit". Et les hypothèses avancées dès lundi ? Elles ne sont pas crédibles pour Fleur Pellerin.

"Aujourd'hui l'incertitude la plus totale règne, et les explications de Facebook ne sont pas très convaincantes. […] Si jamais il y a vraiment la certitude que des messages privés ont été rendus publics, et qu'il y a donc rupture des conditions de confidentialité qu'ils ont signés en ouvrant un compte sur Facebook, je leur conseillerais bien sûr de porter plainte. C'est inadmissible".

L'application de la loi est délicate face à un acteur étranger

Interpellée sur la situation législative en matière de protection des données personnelles et de la vie privée, Fleur Pellerin a estimé qu'aucun changement particulier n'était nécessaire pour un tel cas de figure. En revanche, le problème reste l'application de la loi. Si les acteurs français s'y soumettent, c'est beaucoup moins le cas lorsque les sites et les serveurs sont situés à l'étranger.

"Le problème c’est son application, notamment à des acteurs qui comme Facebook ne se soumettent pas forcément aux législations nationales ou qui sont difficiles à soumettre à la législation nationale", a-t-elle dit. En attendant, la ministre a suggéré aux utilisateurs les plus inquiets qu'ils peuvent toujours suspendre leur compte. Et si le bug est confirmé, ils pourront toujours porter l'affaire devant les tribunaux.

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