En place depuis plus d'un an, le Conseil national du numérique est uniquement composé d'entrepreneurs, de représentants des télécoms ou de dirigeants d'entreprises liées au net. Une situation qui pourrait évoluer très prochainement. La ministre déléguée à l'économie numérique, Fleur Pellerin, souhaite ouvrir l'instance aux universitaires.

Installé l’an dernier par Nicolas Sarkozy, le Conseil national du numérique est une instance consultative ayant pour tâche d’éclairer le gouvernement dans le domaine du numérique. Ses membres doivent en particulier formuler des recommandations en faveur du développement de l’économie numérique en France et contribuer aux réflexions prospectives sur ce secteur.

Mais un an après sa mise en route, le Conseil national du numérique fait toujours l’objet de vives critiques. En particulier, il est reproché au gouvernement de n’avoir sélectionné que des entrepreneurs, des cadres supérieurs issus de l’industrie des télécommunications ou des directeurs d’entreprises liée à Internet pour siéger au sein du Conseil national du numérique.

Il suffit de consulter la liste. Sur les dix-huit membres, tous bénévoles, il n’y a aucun représentant du public. Un choix délibéré. Lors de son discours introduisant le Conseil national du numérique, l’ancien président de la République avait souligné l’existence d’enceintes déjà en place pour accueillir les représentants du public et des ayants droit. Une explication ensuite répétée par le gouvernement.

« Les membres désignés reflètent la diversité des filières du secteur numérique en France« . ‘La vocation du CNN est avant tout de promouvoir les progrès de cette filière économique, qui contribue largement à la croissance en France et qui représente un secteur d’avenir stratégique« , avait expliqué le cabinet d’Eric Besson aux députés.

« L’avènement de la société de l’information suscite de nouvelles problématiques […] qui interpellent directement les citoyens et les différents relais d’opinions de la collectivité« . Toutefois, « une grande partie de ces relais de la société civile disposent néanmoins déjà d’enceintes privilégiées pour faire valoir leurs visions dans les débats concernant le numérique« .

La situation pourrait néanmoins changer. Le magazine IT Espresso indique que la ministre déléguée aux PME, à l’innovation et à l’économie numérique, Fleur Pellerin, n’est pas hostile à une modification de la composition du Conseil national du numérique. Des personnalités du monde universitaire devraient prochainement y siéger.

Mais la ministre prévient. Pas question que le Conseil national du numérique, qui a eu à s’exprimer sur la taxation des recettes publicitaires, sur le décret de la loi pour la confiance dans l’économie numérique, la transposition du paquet télécom, sur la place du numérique à l’école ou sur le délit de visite régulière de sites terroristes, devienne inefficace.

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