Quatre petites pages, en comptant le portrait de couverture. C’est ce que recevront cette semaine les électeurs en guise de profession de foi (.pdf) pour François Hollande, à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle. Le texte y est succinct, pour aller à l’essentiel. Les réformes envisagées n’y sont qu’évoquées, davantage pour illustrer un propos que pour expliquer. Car l’essentiel se joue ailleurs.

A l’heure d’Internet et de l’information continue se profile le déclin des professions de foi conçues avec un strict cahier des charges, imprimées sur du papier glacé, puis soigneusement pliées pour être mises dans les enveloppes distribuées aux citoyens inscrits sur les listes électorales. Les candidats renvoient tous désormais à leur site internet respectif, pour informer plus précisément sur leur programme.

Mercredi, l’équipe de campagne de François Hollande a été encore plus loin dans le dépoussiérage, en mettant en ligne une « timeline du changement » qui affiche de manière interactive un calendrier des premières réformes, qui avait déjà été publié auparavant sous une forme plus traditionnelle. L’exercice est intéressant, puisqu’il rend agréable à consulter des informations qui demandaient autrefois beaucoup plus d’implication personnelle, et qui pouvaient sembler rébarbatives.

L’internaute pourra notamment voir (comme nous le savions déjà) que la fameuse « ouverture de la réflexion sur l’Acte II de l’exception culturelle« , qui doit aboutir à remplacer Hadopi par une autre forme de lutte contre le piratage, est programmé pour le 3 juillet 2012. En cliquant sur l’icône associée, il sera possible de visionner le discours de François Hollande prononcé lors des BIS 2012 à Nantes, dans lequel il annonce le futur chantier législatif (il pourra aussi remarquer que si la date de l’ouverture de la réflexion est précise, celle de la clôture l’est beaucoup moins. Y aura-t-il une loi dès l’année 2012 pour abroger la riposte graduée ? Et si non, quid des quelques 250 dossiers déjà transmis au procureur pour sanctions ?).

Une belle manière de réviser la propagande politique, même si l’effet concret est sans doute limité sur l’électorat. L’important pour le Parti Socialiste est moins de convaincre sur le fond, que de s’afficher par la forme comme un parti moderne. Au moins de ce point de vue, c’est réussi.

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