Publié par Julien L., le Vendredi 20 Avril 2012

Jeu vidéo : l'Académie de médecine conteste le terme d'addiction

L'Académie nationale de médecine suggère dans une recommandation d'abandonner le terme d'addiction aux jeux vidéo dans la mesure où il n'existe pas de consensus scientifique sur le sujet. À la place, l'institution recommande l'emploi de "pratiques excessives".

Il existe depuis plusieurs années un débat très vif sur la dépendance des jeunes aux jeux vidéo. De nombreuses études et enquêtes souvent contradictoires ont vu le jour, alimentées par des faits divers sordides. Dans certains pays, le sujet a pris des proportions très importantes. La Corée du Sud a ainsi décidé d'imposer un couvre-feu pour limiter le temps passé sur les jeux en ligne (MMORPG).

En France, il avait été question il y a deux ans d'introduire un système similaire destiné à imposer des pauses obligatoires de 30 minutes par le biais d'une proposition de loi. La disposition avait fait long feu. Par la suite, une note du Centre d'analyse stratégique a suggéré la mise en place d'ateliers de sensibilisation des adultes aux risques des jeux vidéo pour leurs enfants.

L'existence d'une addiction au jeu vidéo est un sujet fortement débattue, en particulier chez les joueurs. Du côté des spécialistes, nombreux sont ceux à reconnaître qu'il existe de vrais usages abusifs mais les critères cliniques de l'addiction (modification de l'humeur, abandon des autres activités, rechutes...) sont loin d'être systématiquement constatés. Le jeu pathologique serait en revanche plus courant.

Face à l'absence de consensus scientifique sur l'existence de réelles addictions aux jeux vidéo, l'Académie nationale de médecine a publié au début du mois de mars ses recommandations sur le sujet. Révélées par le blog Psy et Geek, elles invitent chacun à nuancer l'expression d'addiction par un terme plus mesuré et moins stigmatisant. Il faut donc parler de "pratiques excessives".

"Il n'y a pas de consensus scientifique sur l'existence de réelles addictions aux jeux vidéo. En l'absence d'études précisant leurs critères, il est préférable d'utiliser le terme de pratiques excessives, moins stigmatisant" écrit l'académie. "Le terme de pratique excessive (et a fortiori d'addiction) fait intervenir la notion de retentissement durable sur la vie du sujet".

Pour l'Académie nationale de médecine, il est donc primordial que les familles agissent à deux niveaux. D'abord veiller à ce que le temps passé chaque jour devant un écran est raisonnable. "Le rôle éducatif des parents est primordial. Les parents doivent aussi être des modèles et ne pas passer eux-mêmes un temps excessif devant leurs propres écrans".

Ensuite, les parents doivent s'assurer que le contenu de chaque jeu est bien adapté à l'âge du joueur qu'il soit enfin ou adolescent. Pour cela, ils peuvent consulter le système PEGI qui indique non seulement l'âge minimum recommandé (3, 7, 12, 16, 18 ans) et le contenu rencontré (grossièreté, discrimination, drogues, tabac, alcool, peur, sexe, nudité, violence, jeux de hasard, jeu en ligne).

Publié par Julien L., le 20 Avril 2012 à 09h33
 
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Commentaires à propos de «Jeu vidéo : l'Académie de médecine conteste le terme d'addiction»
Inscrit le 22/04/2010
72 messages publiés
Serge Tisseron, un pédopsychiatre reconnu, a déclaré dans une conférence que l'addiction au jeu n'était pas une pathologie reconnue par l'académie de médecine. Il estime qu'il faut plutôt parler de pratiques "excessives passionnées" et d'"excessives pathologiques", la deuxième catégorie étant celle qui a besoin de soins. La nuance est importante, car elle implique une différence fondamentale dans la prise en charge de ces personnes: si on parle d'"addiction", le joueur sera traité par un addictologue, alors que si on parle "d'excessif pathologique", ce sera vers un psychothérapeute, le jeu étant alors reconnu comme symptôme et non comme source des troubles. N'écoutez pas les charlatans comme l'hôpital Marmottan qui proposent des programmes à deux francs pour traiter la soi-disant "cyber-dépendance" !
[message édité par Hatsumomo le 20/04/2012 à 09:50 ]
Inscrit le 28/11/2008
3161 messages publiés
Quitte à choquer: pour rendre les jeux vidéo (et surtout les MMORPG) moins sujets à l'utilisation "excessive", faudrait tout simplement les rendre moins attrayants Non il s'agit pas de pourrir le jeu... mais améliorer ce qui n'est pas le jeu, laisser s'exprimer la créativité refoulée, injecter une dose d'aventure, d'initiative et de récompense à court terme à la réalité.

En clair: ... donner des perspectives d'avenir à une jeunesse désabusée, et la laisser canaliser cette énergie pour progresser ?

[ inb4 "vieux croûton qui joue pas": mon trio gagnant c'est Urban Terror (décharge d'adrénaline), Minecraft (expression d'énergie créative; aventure à la Robinson Crusoé) et Frozen Synapse (facultés d'analyse stratégique et décisionnelle; côté fatalement reposant)... entre 0 et 10 heures par semaine, intensives et efficaces ]
Inscrit le 16/06/2009
356 messages publiés
l'académie ne fait plus de science depuis longtemps: il y a des recherches en France en psychologie et psychiatrie qui définissent bien l'addiction en terme scientifique de comportements et de métabolisme, et le jeux video, comme finalement n'importe quel comportement, peut donner lieu à de l'addiction. L'académie est malade de schizophrénie avancée, la mais droite niant la main gauche.
Le problème est de considérer les addictions (quelles quelles soient) comme des symptômes bien entendu, et de rechercher les causes plus profondes dans l'environnement et le passé du patient... ceux qui veulent traiter les symptômes sont des charlatans effectivement.
Inscrit le 19/10/2010
150 messages publiés
Mais sinon, pour l'addiction à la télévision, on fait quelque chose, ou on considère que c'est pas un problème puisque ça fabrique des moutons à qui ont peut dire quoi acheter et pour qui voter ?
Inscrit le 21/11/2011
624 messages publiés
Avant on disait "accroc", ça posait pas de problème... l'excès de tout de cette société veut absolument qu'on pose une pathologie sur tout et n'importe quoi. C'est dingue !
Inscrit le 19/10/2009
6470 messages publiés
L'académie nationale de médecine ne fait pas partie de ' l'Institut de France, ce n'est pas sans raisons...

Après, il est effectivement facile de s'en prendre à la légitimité d'un organisme influent, même si cette ' suggestion ' n'a pour but que de faire parler d'elle...

Réfuter ' scientifiquement ' l'intégration d'un comportement dans une définition, alors même que les constats s'imposent d'eux-même ne changera rien, à part peut-être leur permettre d'obtenir des fonds publics pour une étude valide.
Inscrit le 18/06/2011
871 messages publiés
Avec environ 8 heures par jour en semaine (Cour oblige) et 16 heures en week-end de jeux vidéos et autres surfs internet je préfère largement le terme de "pratique excessive" (encore que, le terme excessif est très subjectif) au terme "accro" (c'paa biieeeeen! il est malade, il faut le soigner!)
Inscrit le 20/04/2012
1 messages publiés
Pratique excessive est le bon terme. Pour maitriser ces pratiques chez mes enfants, j'ai développé un logiciel de contrôle parental orienté sur le contrôle du temps passé. Il s'appelle
NetAddictFree
Vous pouvez y jeter un oeil.
A bientôt
Inscrit le 05/06/2009
63 messages publiés
@Arkados ton analyse est rigoureusement exacte. Je pense exactement la même chose. Je suis encore relativement jeune et on peu me considérer comme "pratiquant excessif" de jeu vidéo et d'internet en général (pratiquement tout mon temps libre) une petite analyse personnelle m'a fait parvenir aux même conclusions. c'est la vision d'un avenir incertain voir même "sombre" qui me donne ce besoin compulsif de me déconnecter le plus longtemps possible de cette réalité qui ne me plait pas et qui ne semble pas vouloir s'améliorer. évidement ce n'est la que mon avis personnel, aussi orienté qu'il puisse être.
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