Psychologue spécialisé dans les relations en ligne et le jeu vidéo, Yann Leroux rapporte sur son blog les conclusions d’une étude publiée par la chercheuse tchèque Katerina Lukavska sur le rapport au temps des joueurs de jeux massivement multijoueurs. L’objet des travaux était de savoir si les joueurs qui sont « orientés vers le présent » ont une fréquence et une durée de jeu différente que les joueurs « orientés vers l’avenir », et quels étaient les facteurs d’influence. Contrairement aux comportements d’addiction liés à la drogue ou au casino, Mme Lukaska a constaté que les « hédonistes » qui profitent du temps présent sont moins enclins à passer du temps sur les jeux vidéo par rapport aux « fatalistes », qui ont une vision négative du présent et de l’avenir.

« Le sens commun voudrait que le temps passé à jouer soit lié a la satisfaction immédiate. Le joueur aurait des difficultés à arrêter de jouer parce qu’il est toujours difficile de mettre fin à une source de plaisir« , résume Yann Leroux. Mais « Katerina Lukavska fait une hypothèse différente. Pour elle, si le temps passé à jouer dépend bien de la perspective temporelle du joueur, il faut inverser la flèche du temps. L’essentiel n’est pas tant dans les plaisirs actuels que dans les perspectives peu engageantes du futur. Elle fait l’hypothèse qu’elle trouvera une relation positive entre le temps présent et le temps passé à jouer tandis que le futur sera lié à des éléments négatifs« .

En clair, c’est pour fuir une réalité et un avenir jugés peu réjouissants que les joueurs passeraient plus de temps sur les jeux vidéo et auraient du mal à décrocher, et non pour le plaisir du jeu lui-même.

Et pour ceux que la théorie de la « persective temporelle » intéresse, Yann Leroux pointe vers cette excellente vidéo réservéa aux anglophones :

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