Que c'est dur pour Jack Lang, de devoir défendre l'abrogation de la loi Hadopi promise par François Hollande, quand lui-même a soutenu la loi contre tous les Socialistes...

Avouons-le. Nous avons beaucoup ri en découvrant cette vidéo de l’ancien ministre de la culture Jack Lang, qui fait partie des « représentants particuliers » de François Hollande dans cette campagne électorale. Pour comprendre notre amusement, et avant de voir la vidéo, il faut se souvenir que Jack Lang avait été le seul député socialiste à défendre la loi Hadopi au Parlement (ou plutôt en dehors, puisqu’il ne met quasiment jamais les pieds dans l’hémicycle). Mordicus.

TF1 lui avait offert quatre minutes du journal de 20 heures (une durée exceptionnellement longue) pour applaudir la riposte graduée devant la ménagère de moins de 50 ans, et dire combien il ne comprenait pas l’opposition des députés socialistes à l’Hadopi. Virulent, il avait été jusqu’à été jusqu’à dire que les opposants à Hadopi étaient « en infraction avec notre idéal (socialiste)« . Manque de chance, le Conseil constitutionnel leur avait donné raison en censurant la première loi. Mais imperturbable, Jack Lang avait jugé l’avis des sages « étrange« .

C’est donc avec un embarras des plus risibles que Jack Lang a été amené par des étudiants de Sciences-Po à défendre la vraie-fausse promesse de François Hollande d’abolir Hadopi, pour la remplacer par son fameux « acte 2 de l’exception culturelle » aux contours très flous. Tous les observateurs savent que François Hollande n’a aucun empressement à abolir la riposte graduée, et qu’il pourrait même plaider pour des actions plus musclées contre les plateformes d’hébergement ou de streaming, devenues des refuges pour les récipiendaires des avertissements Hadopi.

En campagne électorale, tout devrait pousser Jack Lang à se placer derrière les promesses de son candidat. Mais c’est trop fort pour lui. « Dans la ligne de ce qu’ont été les grandes lois de régulation de la culture, dont j’ai été l’auteur en grande partie (la loi sur le prix unique du livre, la loi sur le cinéma, les quotas de musique à la radio et à la télévision…), je crois que le devoir de la République c’est d’établir un équilibre entre deux libertés. La liberté des internautes, et la liberté des auteurs et des créateurs« .

« C’est ce qu’il propose, une loi qui se substituera à la loi Hadopi, qui n’est pas en elle-même si mauvaise qu’on le dit, qui est habitée par une orientation de régulation qui me paraît juste – c’est mon point de vue personnel« , dit-il.

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