La responsable du pôle économie numérique auprès de François Hollande, Fleur Pellerin, est intervenue suite à la publication d'une tribune du candidat socialiste dans Le Monde. Elle affirme que le titre original a été modifié et qu'en conséquence, François Hollande ne repense en aucune façon le dispositif de la riposte graduée.

François Hollande compte-t-il « repenser » le dispositif Hadopi, au risque de changer une nouvelle fois d’avis sur le sujet ? Une tribune publiée ce matin dans Le Monde et titrée « La loi Hadopi doit être repensée » a laissé cette impression. Fleur Pellerin, en charge de l’économie numérique au sein de l’équipe du candidat socialiste, affirme que non, expliquant que le titre originale de la tribune a été changé par la rédaction du journal.

D’après la conseillère de François Hollande, cette tribune était intitulée « Pour un acte II de l’exception culturelle », en référence à son discours prononcé aux Biennales internationales du spectacle à Nantes, le 19 janvier dernier. Pour Fleur Pellerin, « il n’y a donc pas de revirement de position. […] La loi Hadopi serait remplacée par un autre dispositif législatif » en cas de victoire du PS aux élections présidentielles.

À entendre Fleur Pellerin, le dispositif de riposte graduée devrait donc bien disparaître au profit d’un nouveau mécanisme. Une promesse qu’elle avait déjà prononcée la semaine dernière au cours d’un entretien accordé à Libération. Avec Aurélie Filipetti, chargée du pôle culture, elle avait réaffirmé l’abrogation de la loi Hadopi par François Hollande à l’issue d’une phase de concertation.

Par ailleurs, cette mise au point est l’occasion pour la responsable de réclamer l’arrêt de cette « glose sémantique consistant à voir des agendas cachés derrière la moindre phrase, surtout quand elle est le fruit des choix éditoriaux d’une rédaction« , à l’adresse de ceux qui ont repris cette tribune. Et d’ailleurs, Hollande n’a-t-il pas justement glissé quelques critiques à l’égard d’Hadopi dans sa tribune ?

Il n’en demeure pas moins que François Hollande reste très évasif dans cette tribune sur le devenir de l’Hadopi. Tout juste indique-t-il que « la seule répression » n’est pas « la réponse au problème posé » et que le « système imaginé, par sa complexité et les questions qu’il soulève en matière de protection de la vie privée » n’est pas le bon, en référence au mécanisme actuel de riposte graduée.

Il n’empêche. « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément« , écrivait Nicolas Boileau. Pour la clarté du débat, le candidat aurait été bien avisé de réaffirmer dans cette tribune ses projets pour l’accès aux œuvres culturelles sur Internet et ce qu’il compte faire précisément avec Hadopi. Surtout après la valse-hésitation du PS ces derniers mois. Quitte à se répéter.

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