François Hollande, qui se dit "affecté" par le divorce entre le monde culturel et le Parti Socialiste au sujet de la riposte graduée, promet qu'il abrogera la loi Hadopi, et qu'il la remplacera par un autre dispositif pour partie répressif. Mais cette "Hadopi 2.0" ne remplacera l'actuel dispositif qu'après une concertation dont le calendrier n'est pas précisé.

François Hollande continue à s’empêtrer dans la position impossible qu’il a choisi d’adopter au sujet de l’avenir de la riposte graduée : le changement permanent. Le candidat socialiste, qui cherche à ménager à la fois les intérêts des auteurs dont il espère le soutien, et ceux des internautes dont il espère obtenir les scrutins, entretient un flou sur l’avenir qu’il entend donner à la riposte graduée et à l’Hadopi.

Dans un courrier adressé à la Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques (SACD), François Hollande explique qu’il veut organiser un grand dialogue pour « trouver de nouvelles ressources pour assurer la pérennité du financement, non seulement des créateurs, mais des industries culturelles dans leur ensemble« .

« Je tiens à souligner l’importance qu’aura le dialogue avec l’ensemble des instances représentatives du secteur au moment de l’élaboration de ce nouvel acte. Si nous ne souhaitons préempter les résultats de ceux-ci, l’Etat jouera un rôle déterminant dans la médiation entre les différents acteurs et la fixation des grandes lignes que nous adopterons« , écrit le candidat socialiste.

Le sort de la loi Hadopi et de la riposte graduée sera donc négocié lors de ce dialogue, qui n’a aucun calendrier. Rien ne dit qu’il s’agira d’une des priorités du quinquennat, et l’on peut en douter vu le contexte économique et social. « Son abrogation, que j’ai annoncée, se fera dans le cadre de cette concertation. Elle ira accompagnée d’un renforcement des moyens mis à disposition des ayants-droits dans le cadre de la lutte contre la contrefaçon commerciale, et un renforcement des offres légales en ligne« , explique François Hollande. « Celui-ci passera par des dispositifs réglementaires, mais aussi la création de fonds d’aides qui permettront progressivement aux plateformes de devenir enfin compétitives et capables d’abonder à la fois les créateurs et les acteurs industriels de la création« . Bref, encore des dispositifs coûteux pour le contribuable, à une époque où il faudrait que jamais réaliser des économies.

Au passage, le candidat du PS désavoue les mousquetaires anti-Hadopi qu’avaient été les députés Christian Paul, Patrick Bloche et Didier Mathus (lequel y siège désormais), avec la bénédiction officielle de la première secrétaire Martine Aubry. « Les difficultés que vous avez pu éprouver dans votre dialogue avec le Parti Socialiste au cours de ces dernières années m’ont particulièrement affecté. Je ne souhaite pas que nous retrouvions cette situation. Le lien que notre formation et la création ont tissé au cours des dernières décennies est trop précieux pour que l’on puisse tolérer qu’il se défasse brutalement, du fait d’une incapacité à répondre aux nouveaux enjeux de la révolution numérique« , veut rassurer François Hollande. Il dit confier les clés de la négociation à sa conseillère Aurélie Filippetti, qui a proposé récemment des tribunaux dédiés pour lutter contre les échanges illicites sur Internet.

« Je refuse le simplisme qui voudrait que la Hadopi ou la licence globale soient des solutions toutes prêtes permettant de répondre à l’ensemble des nouveaux enjeux qui menacent notre modèle« .

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