Emprisonné depuis un mois, le fondateur de MegaUpload a été remis en liberté en attendant l'examen de la demande d'extradition formulée par les Etats-Unis, qui donnera lieu à un long procès au plus tôt à la fin du mois d'août. Il devra rester dans sa résidence ou à proximité, et ne pourra pas avoir accès à Internet.

Kim Dotcom est enfin libre. Le fondateur de MegaUpload, qui avait été arrêté en Nouvelle-Zélande le 20 janvier et immédiatement placé en détention provisoire, a été remis en liberté sous caution mardi, comme l’avaient été ses trois collaborateurs arrêtés le même jour. Sa première demande de remise en liberté avait été refusée le 25 janvier, le juge estimant le risque de fuite trop élevé au regard de la fortune personnelle du prévenu et de sa possession de plusieurs passeports de nationalités différentes.

Cette fois, le juge a estimé qu’il était « hautement improbable » que Kim Dotcom puisse encore jouir de ressources financières qui n’auraient pas été saisies au moment de son arrestation. Il a rappelé que c’était à l’accusation de démontrer que le prévenu avait la capacité financière de fuir le pays, et non à Kim Dotcom d’apporter l’impossible preuve qu’il ne l’avait plus. Le directeur financier de MegaUpload est toutefois intervenu à l’audience pour affirmer que le fondateur de la société était « fortement désorganisé » dès qu’il s’agissait d’argent, comme le montrerait la douzaine de cartes bancaires expirées saisies à son domicile.

Si le juge a accordé la remise en liberté, c’est toutefois avec un certain nombre de restrictions. En particulier, il n’aura pas le droit d’avoir accès à Internet, ce qui a été fortement critiqué par la défense. « C’est comme dire qu’il ne devrait pas avoir accès à un téléphone, c’est un tel moyen fondamental de communication« , s’est offusqué l’avocat Paul Davidson. D’autant que Kim Dotcom devra pouvoir communiquer avec ses avocats américains. Mais l’accusation craignait que l’homme d’affaires soit capable de re-monter MegaUpload sous d’autres juridictions, qui ne seraient plus sous la compétence des Etats-Unis.

Par ailleurs, aucun hélicoptère n’aura le droit de survoler l’immense propriété de Kim Dotcom, lequel devra rester en permanence dans un rayon de 80 km, sauf raisons médicales urgentes. Il devra aussi informer la police 24 heures à l’avance à chaque fois qu’un rendez-vous l’obligera à quitter la propriété.

Les Etats-Unis doivent désormais remettre leur dossier de demande d’extradition au plus tard le 2 mars 2012. Mais le procès qui aboutira ou non à cette extradition n’aura lieu au plus tôt que le 20 août 2012. Il est prévu qu’il dure trois semaines.

A sa sortie, Kim Dotcom s’est dit « soulagé » de quitter la prison et de « revoir ma famille, mes trois enfants et ma femme enceinte« .

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