Le Parti pirate a réagi à la fermeture soudaine de MegaUpload, en s'interrogeant sur la responsabilité des ayants droit dans cette affaire. Pour le mouvement, si des services comme MegaUpload ont émergé, c'est parce que la pression sur les offres légales demeure encore trop forte pour les rendre définitivement attractives.

La proximité des évènements en a surpris plus d’un. Au lendemain du vaste blackout contre les projets de loi anti-piratage PIPA et SOPA, le département de la justice et le FBI ont déclenché une opération préparée de longue date contre MegaUpload. En conséquence, le site web a été fermé manu militari et les responsables ont été interpellés ou font l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Si la fermeture de MegaUpload est bien entendu abondamment commentée, le propos le plus inattendu est venu de l’Élysée. Dans un communiqué, le chef de l’État a fait part de sa satisfaction en apprenant l’arrêt des opérations de MegaUpload, évoquant la « mise à disposition illégale […] d’œuvres protégées » et permettant « de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires ou d’abonnements« .

Dans la foulée, le Parti pirate a également diffusé un communiqué, dans lequel l’équipe dirigeante exprime sa « stupeur » face à l’apparente implacabilité de l’opération, d’autant que « l’entreprise avait mis en place et utilisait activement une procédure de retrait de liens d’œuvres couvertes par le droit d’auteur« . Autrement dit, MegaUpload proposait aux ayants droit de signaler des contenus pour que ces derniers soient retirés.

Le Parti pirate s’interroge alors sur la responsabilité des ayants droit dans le pourrissement de la situation. « Qui fait fermer les plate-formes qui n’ont pas les moyens d’acquitter les montants démesurés d’accès aux catalogues ? Qui asservit les plate-formes légales au point de pouvoir leur imposer le nombre d’écoutes gratuites par œuvre ?« 

Et de poursuivre en pointant du doigt les pratiques des sociétés de gestion des droits d’auteur et leurs accointances avec certains politiques. « Qui est régulièrement pointé du doigt pour un manque de transparence dans la répartition des fonds destinés aux auteurs et aux artistes ? Et qui vote des lois pour leur conférer un pouvoir de plus en plus disproportionné, en sacrifiant toujours plus les libertés civiques ?« .

Alors que les positions de chacun se cristallisent autour du téléchargement, le Parti pirate formule à nouveau le souhait d’un « mécanisme simple et équitable pour que les auteurs et les artistes tirent profit de la diffusion commerciale de leurs œuvres« , en évitant de s’enfermer dans une logique répressive où les projets de loi SOPA et PIPA en sont la dernière manifestation.

Un appel que certains ont choisi de ne pas entendre, à l’image d’internautes se revendiquant de la mouvance Anonymous. À peine l’annonce de la fermeture de MegaUpload a-t-elle été connue que des attaques par déni de service distribuées (DDOS) ont été lancées contre quelques sites symboliques, dont les sites du département de la justice, de la RIAA, de la MPAA, d’Universal Music et de l’Hadopi.

Sur Twitter, l’un des comptes Anonymous les plus suivis explique que l’enjeu, concernant la fermeture de MegaUpload, n’est pas le téléchargement de MP3 mais la défense de la liberté d’expression. Mais fermer des sites web à coup de DDOS, même d’ayants droit, au nom de la liberté d’expression, n’est-ce pas contradictoire ? Ils privent en effet ces derniers de ce pourquoi ils affirment se battre.

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