Ne croyant pas à l'efficacité des dispositifs de contrôle parental, Bercy estime qu'il n'est pas utile de rendre obligatoire leur activation par défaut. Pour protéger les enfants, le ministère estime qu'il est plus sage de les priver carrément d'accès à Internet, et de faire sur eux un travail d'éducation.

L’an dernier, plusieurs députés s’étaient relayés pour demander au gouvernement qu’il exige des fournisseurs d’accès à Internet et des opérateurs de téléphonie mobile qu’ils activent par défaut le contrôle parental. Ils demandaient que les adultes soient obligés de demander à leur opérateur la désactivation du filtrage pour accéder notamment aux sites pornographiques dont l’accès serait alors bloqué au niveau du réseau, et non plus au niveau du terminal éventuellement sécurisé.

Dans une réponse publiée mardi au Journal Officiel, le ministère de l’économie, des finances et de l’industrie rejette cette solution, à travers un argumentaire inattendu.

Il rappelle tout d’abord que la fourniture sur demande de logiciels de contrôle parental est obligatoire depuis la signature d’une charte professionnelle en 2005, mais reconnaît que « avec la montée en puissance de l’Internet mobile, et le développement des smartphones, les risques auxquels sont exposés les mineurs changent de forme« . Le ministère ajoute que « des solutions gratuites de contrôle parental limitant l’accès Internet aux portails des opérateurs sont disponibles« , et qu’elles sont donc contrôlées au niveau du réseau mobile, mais Bercy a bien conscience qu’elles sont « inefficaces toutefois lorsque l’accès se fait en Wifi« . Ce qui devrait plaider pour l’instauration d’un filtrage distant, également sur l’accès à Internet fixe.

Or, « même si ce dispositif était activé par défaut par l’opérateur, la protection des enfants ne serait pas assurée« , prévient Bercy. Pour lui, « les seules solutions pleinement efficaces sur téléphone mobile sont aujourd’hui de ne pas souscrire pour l’enfant mineur d’abonnement avec accès à Internet, ou encore de désactiver les navigateurs au sein des terminaux« . C’est radical, mais efficace.

« Dans tous les cas, la protection des enfants dépend principalement des parents et des enseignants : les outils de contrôle parental ne peuvent pas se substituer à l’action de sensibilisation et de vigilance des parents et des éducateurs, qui sont centrales dans la protection de l’enfance à l’égard des contenus en ligne« , écrit Bercy.

Une réponse pleine de bon sens, qui ne doit pas plaire à tous les ministères… Certains fantasmant déjà sur le fait que les moyens de sécurisation imposés via les centaines de milliers d’avertissement de l’Hadopi pourraient servir à filtrer autre chose que les seuls échanges de fichiers piratés.

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