La bataille médiatique que se livrent l'Iran et les États-Unis a des conséquences surprenantes. Face à la dépréciation de sa monnaie, le rial, la république islamique a décidé de censurer certains mots-clés en rapport à l'économie et à la finance. Les taux de change, le prix de l'or ou les termes "dollar" et "devise" figurent parmi les informations bloquées par l'Iran.

Pour empêcher la structuration d’une opposition politique qui mettrait en péril la survie du régime, les autorités iraniennes ont récemment donné un tour de vis supplémentaire afin de surveiller un peu plus les activités des internautes. Ainsi, les cybercafés doivent désormais collecter des informations personnelles de leurs clients et les conserver pendant un délai de six mois.

Les efforts du régime pour contrôler les agissements de sa population ne se limite pas au seul Internet. Selon l’AFP, l’Iran a décidé les SMS contenant les termes en persan et en anglais de « dollar » ou « devise ». Ces mesures touchent également les SMS contenant des informations sur les taux de change et le prix de l’or. En revanche, le terme « euro » n’est apparemment pas touché par cette mesure.

L’interdiction de certains mots-clés dans les SMS est la conséquence directe des tensions récentes entre l’Iran et les pays occidentaux sur le dossier nucléaire. Pour contraindre le pays à renoncer à son programme, l’Europe a annoncé le renforcement prochain des sanctions financières et pétrolières contre l’Iran. Une mesure saluée par les États-Unis, mais qui a suscité l’agacement de la république islamique.

En réaction, le pouvoir iranien a menacé de bloquer le détroit d’Ormuz, qui est un canal maritime stratégique où circule plus d’un tiers du trafic pétrolier. Face à ces menaces, les États-Unis et le Royaume-Uni ont mis en garde l’Iran de ne pas franchir cette ligne rouge. Cette escalade verbale et les récentes annonces de sanction ont entraîné la dépréciation du rial face aux autres devises, obligeant visiblement l’Iran à interdire certains mots-clés.

L’Iran n’est évidemment pas le premier pays à censurer les SMS. Récemment, c’est le Pakistan qui s’est illustré en la matière. Plus de 1600 expressions à caractère sexuel, liées à la religion ou indécentes sont actuellement filtrées par les opérateurs, suite à une demande de l’autorité chargée de réguler les télécommunications dans le pays.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés