Google permet d'interdire le scan de son réseau WiFi

Julien L. - publié le Mercredi 16 Novembre 2011 à 09h40 - posté dans Société 2.0

Google a dévoilé une méthode qui permet aux internautes de ne plus autoriser la firme américaine à s'appuyer sur les points d'accès sans fil pour ses services géolocalisés. Il suffit de modifier le nom SSID du réseau avec l'extension "_nomap". Toutefois, la technique proposée par Google n'est pas idéale.

Google s'y était engagé en septembre dernier, plus d'un an après la polémique sur Street View. Accusée d'avoir enregistré sans autorisation de nombreuses données personnelles transitant sur des réseaux WiFi mal protégés, l'entreprise américaine avait annoncé qu'elle comptait mettre au point une méthode destinée à se passer de certains points d'accès sans fil dans le cadre de la géolocalisation.

"À la demande de plusieurs autorités de contrôle européennes chargées de la protection des données, nous sommes en train de concevoir un service de retrait (opt-out) qui va permettre à un propriétaire d'un point d'accès sans fil de se désengager des services de géolocalisation de Google" avait annoncé Peter Flescher, conseil juridique en charge de la politique de protection de la vie privée.

Deux mois plus tard, la méthode promise par Google est arrivée. Dans un billet de blog publié lundi, la firme de Mountain View propose aux internautes de rajouter une brève mention à la fin du nom du réseau sans fil, le SSID (Service Set IDentifier). Cette extension se présente ainsi "_nomap". Si votre réseau sans fil s'intitule, "mon_wifi", il suffit de le modifier en "mon_wifi_nomap".

Cette technique doit permettre à Google de respecter les volontés des autorités de contrôle européennes, tout en laissant la possibilité à ceux qui souhaitent s'investir dans une géolocalisation plus précise de participer en laissant le nom de leur réseau sans fil en l'état. Afin de guider les utilisateurs dans ce processus de désengagement, Google a mis à disposition une foire aux questions (pour l'heure uniquement en anglais).

La méthode proposée par Google présente toutefois deux faiblesses.

La première est d'ordre technique. Nombreux sont les internautes qui n'oseront ou ne sauront pas modifier les réglages avancés de la configuration WiFi de leur point d'accès. Madame Michu qui a déjà bien des difficultés à sécuriser son accès à Internet va devoir se creuser la tête ou faire appel à un proche pour réaliser cette modification. Et puis encore faut-il qu'elle soit informée de l'existence de cette méthode.

La seconde porte sur le choix de la méthode. Sans doute désireux de ne pas rendre ses services géolocalisés imprécis, Google a opté pour que le retrait volontaire (opt out) plutôt que pour l'accord expressément formulé (opt in). Cela lui permet d'éviter de perdre d'un coup l'ensemble des réseaux WiFi, ce qui aurait été catastrophique du point de vue de l'entreprise et de la qualité de ses services localisés.

C'est pourtant cette méthode que Google aurait dû choisir, en demandant aux internautes volontaires de rajouter l'extension "_yesmap". De cette manière, Google aurait alors uniquement retenu les SSID intégrant cette mention. Mais sur combien d'internautes Google aurait-il pu compter ? Quelques dizaines de milliers ? Pas sûr que cela soit suffisant pour obtenir un service géolocalisé fiable, précis et de qualité.

Cette affaire avait terni l'image de Google pendant de nombreux mois. La CNIL, qui avait condamné le géant du web à une amende de 100 000 euros, avait été très critique à son égard, lui reprochant d'utiliser le moindre signal WiFi pour ses services géolocalisés. "Cette collecte [...] s'opère directement par le biais des terminaux mobiles des utilisateurs se connectant au service de géolocalisation Latitude (smartphones, etc.), et ce à leur insu".

Publié par Julien L., le 16 Novembre 2011 à 09h40
 
 
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Commentaires à propos de «Google permet d'interdire le scan de son réseau WiFi»
 

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2
Cette affaire avait terni l'image de Google
Quel affaire? Je sais que les lecteurs assidus sauront se remémorer cette histoire où Google a pris l'initiative de signaler qu'il avait collecté plus que des adresses MAC par le biais de ses GoogleCars.

Mais pour les autres, on ne sait pas à quoi tu fais référence.
Le premier lien de l'article redirige justement sur un papier expliquant que Google Street View a enregistré les réseaux WiFi privés et les adresses MAC associées. :-)
Et quid pour ceux qui ont réglé pour ne pas diffuser leurs ssid ?
Ah oui super, génial.
"Je_suis_le_maitre_du_moooonde_nomap"
"OnVousEntendBaiser_nomap"
"Wifi_Hotel_du_Moulin_nomap"

J'ai connu moins capillotracté comme méthode d'opt-out.
Si le même type de mesure était proposée par Apple, Amazon, Yahoo .... et l'Etat, elle serait évidemment payante, pour que Mme Michou puisse le faire sans faire marcher ses 2 neurones. Google est constamment diabolisé parce que il cherche à faire travailler les méninges au lieu du portefeuille. Il donne pourtant la possibilité à tous ceux qui ne rechignent pas à se prendre la tête, de proposer leur services, ce qui est positif pour l'économie planétaire.
D'accord avec l'article. L'opt-in doit être la règle de base. On va nous répondre que les services de géolocalisation vont perdre en précision, je réponds que je ne vois pas au nom de quoi la qualité des services de Google devraient l'autoriser à violer les législations sur la protection des données personnelles.

Google proposerait en toute transparence aux internautes de participer collectivement et de manière ouverte à ce maillage, en autorisant dans le cadre d'un opt-in le scan de leur réseau, en les avertissant sur les risques, en respectant scrupuleusement leur libre arbitre, et en mettant le résultat à disposition de tous, ça serait légèrement plus défendable.

Comme c'est pas le cas, je continue à prôner la méthode du coup de masse sur Google Car. :)
Effectivement l'opt-in aurait été beaucoup mieux. àa aurait obligé google à communiquer sur ce sujet (que trop peu de gens connaissent) et ils auraient peut être du mettre quelques avantages pour inciter les internautes. Du gagnant-gagnant quoi, je t'ouvre mon wifi et tu me files quelques avantages...
Là, google se sert de données, sans l'accord du propriétaire. Les bénéfices tirés de cette "collaboration" sont déséquilibrés.

Sinon, je trouve que l'ajout de _nomap est une très bonne méthode. Ok les réseaux auront des noms un peu moins beaux (mais tout le monde s'en fou je pense) mais surtout, il n'est pas nécessaire de passer un coup de fil à une hotline où il faut parler en anglais puis confirmer par une lettre recommandée à l'étranger et tout et tout...
Là c'est vraiment simple et immédiat.
Arkados, le 16/11/2011 - 10:13
Ah oui super, génial.
"Je_suis_le_maitre_du_moooonde_nomap"
"OnVousEntendBaiser_nomap"
"Wifi_Hotel_du_Moulin_nomap"

J'ai connu moins capillotracté comme méthode d'opt-out.
Sachant que le SSID a une taille max de 32 caractère ASCII, le premier est impossible !
Et pour les sessions en invisible ?

Sinon je pense aussi qu'au lieux de nous dire de rajouter "_nomap", ils auraient mieux fait de donner le choix à ceux qui désirent partager, et justement laisser les gens choisir et mettre genre "_mapme" si on en avait envie !

Mais j'aime bien la méthode du "je me sert d'abord et je t'explique après", même si il faut admettre que de nous expliquer après c'est quand même gentil de leur part.
Et quid pour ceux qui ont réglé pour ne pas diffuser leurs ssid ?
hé bin tu mets nomap à la fin quand même, je ne vois pas ce que ça change.
par ailleurs faut quand même savoir que le ssid est toujours visible dès qu'un client est connecté, car même si l'ap ne le diffuse pas, le client le fait, lui......
Pas d'accord avec l'article.
Le SSID et le wifi sont publics by design, sauf si l'utilisateur s'est donné la peine de préciser le contraire. D'ailleurs, il n'y a guère que l'HADOPI pour considérer que la portée d'un réseau wifi est restreinte à son propriétaire ;)
Bref, comme le mode par défaut est "je diffuse mon SSID comme un goret", c'est typiquement un cas ou l'opt-out doit prévaloir.
U., le 16/11/2011 - 10:15
D'accord avec l'article. L'opt-in doit être la règle de base. On va nous répondre que les services de géolocalisation vont perdre en précision, je réponds que je ne vois pas au nom de quoi la qualité des services de Google devraient l'autoriser à violer les législations sur la protection des données personnelles.

Google proposerait en toute transparence aux internautes de participer collectivement et de manière ouverte à ce maillage, en autorisant dans le cadre d'un opt-in le scan de leur réseau, en les avertissant sur les risques, en respectant scrupuleusement leur libre arbitre, et en mettant le résultat à disposition de tous, ça serait légèrement plus défendable.

Comme c'est pas le cas, je continue à prôner la méthode du coup de masse sur Google Car. :)

On "autorise" pourtant l'Etat de nous ficher, de nous espionner, de nous enrôler, de nous manipuler, sans que ça choque le moins du monde. Aujourd'hui tout le monde sait que l'Etat c'est le Pouvoir au service de lobbies. A choisir, je préfère que mes données soient utilisés par Google qui va en échange me proposer des services gratuits, que par Lagardère ou Dassault pour étoffer leur commerce de la mort. Si "Street View" n'existait pas, je ne pourrais pas me passer de voiture comme c'est le cas aujourd'hui, chaque fois que l'on me demande un devis, je serais obligé de me déplacer, perdre du temps et contribuer à engorger les routes. Que mon wifi soit répertorie par Google ne me dérange pas, le Freewifi me permet de pouvoir me connecter quand je suis pas chez moi, et je suis d'accord que le mien soit utilisé par d'autres. D'ailleurs, j'attends Google Leaks, j'espère que Google ouvre les hostilités envers les Etats de plus en plus liberticides. Dans une société basée sur la transparence ce n'est pas le quidam moyen qui serait pénalisé, mais le Pouvoir qui cherche à cacher ses appétits dictatoriaux.

Quand quelqu'un vous prend la mesure de votre cou, c'est soit pour vous tailler un costume, soit pour ajuster la corde. Je préfère les premiers.
Ce que j'aime bien avec ce système c'est que google propose nomap mais après qd Microsoft lancera son service concurrent on aura droit à mapmenot puis Mappy ce sera pasdemappagemerci ce qui fait qu'une fois renommé nos réseaux en nomap_mapmenot_pasdemappagemerci et bein on pourra pas refuser de se faire cartographié par Apple car il n'y aura plus de place dans nos noms de réseaux !
Madame Michu qui a déjà bien des difficultés à sécuriser son accès à Internet
Mme Michu n'a aucun mal à sécuriser son accès : elle suit ce qu'il y a marqué sur la notice.
Les réseaux à proximité de l'appartement où je suis : 9 en WPA, 6 en WPA2, 1 en WEP.
On peut dire que maintenant, par défaut, les réseaux sont sécurisés.
On "autorise" pourtant l'Etat de nous ficher, de nous espionner, de nous enrôler, de nous manipuler, sans que ça choque le moins du monde.
N'importe quoi. Il y a un contrôle de la population sur les activités de l'Etat qui n'existe pas pour les activités des entreprises privées.
Seulement, personne ne se bouge pour faire appliquer notre contrôle ou exiger le contrôle par nos représentants : tout le monde se plaint "ouin l'état ceci, ouin l'état cela", mais ça s'arrête là.
Faites de la politique les gars : occupez-vous de la "vie de la cité" au lieu de vous plaindre sans arrêt.
zig, le 16/11/2011 - 12:27
Madame Michu qui a déjà bien des difficultés à sécuriser son accès à Internet
Mme Michu n'a aucun mal à sécuriser son accès : elle suit ce qu'il y a marqué sur la notice.
Les réseaux à proximité de l'appartement où je suis : 9 en WPA, 6 en WPA2, 1 en WEP.
On peut dire que maintenant, par défaut, les réseaux sont sécurisés.


Tous les jours, il est apporté la preuve de ce que tu déclares au sujet des accès sécurisés par Madame Michu...

Heureusement pour les finances de TMG, que ce que tu racontes est faux ...
zig, le 16/11/2011 - 12:31
On "autorise" pourtant l'Etat de nous ficher, de nous espionner, de nous enrôler, de nous manipuler, sans que ça choque le moins du monde.
N'importe quoi. Il y a un contrôle de la population sur les activités de l'Etat qui n'existe pas pour les activités des entreprises privées.
Seulement, personne ne se bouge pour faire appliquer notre contrôle ou exiger le contrôle par nos représentants : tout le monde se plaint "ouin l'état ceci, ouin l'état cela", mais ça s'arrête là.
Faites de la politique les gars : occupez-vous de la "vie de la cité" au lieu de vous plaindre sans arrêt.


Il n'y a que les sympathisants de l'UMP, qui ne se plaignent pas sans arrêt, et tu le sais aussi bien que moi mon petit Enter.

Tu es d'ailleurs le meilleur exemple du militant UMP satisfait, que l'on puisse trouver sur ce forum !


:mdr:
Ce que j'aime bien avec ce système c'est que google propose nomap mais après qd Microsoft lancera son service concurrent on aura droit à mapmenot puis Mappy ce sera pasdemappagemerci ce qui fait qu'une fois renommé nos réseaux en nomap_mapmenot_pasdemappagemerci et bein on pourra pas refuser de se faire cartographié par Apple car il n'y aura plus de place dans nos noms de réseaux !

+1
Mindo, le 16/11/2011 - 10:03
Le premier lien de l'article redirige justement sur un papier expliquant que Google Street View a enregistré les réseaux WiFi privés et les adresses MAC associées. :-)
J'avais oublié tellement c'était non-avenant. A lire l'article, on croit que Google collecte toujours des données personnelles pour le compte de son service de localisation. Cette collecte de données non-protégées était une erreur. Comme le remarque Adelphi :
Adelphi, le 16/11/2011 - 11:19
Pas d'accord avec l'article.
Le SSID et le wifi sont publics by design, sauf si l'utilisateur s'est donné la peine de préciser le contraire.
Le SSID et {l'adresse MAC} sont des informations techniques (pas personnelles) qui sont diffusées publiquement. L'exploitation de ces données publiques est une formidablement astucieux. Cette exploitation ne lèse pas plus de monde que si Google améliorerai son système de localisation grâce aux étoiles.

J'aime cette possibilité qu'offre Google aux gens qui pense que les ondes que leur équipement diffuse sont leur propriété. Il ne manque plus que Google ouvre l'accès à sa cartographie des hotspot wifi et se sera nickel.
deneb58, le 16/11/2011 - 11:41
U., le 16/11/2011 - 10:15
D'accord avec l'article. L'opt-in doit être la règle de base. On va nous répondre que les services de géolocalisation vont perdre en précision, je réponds que je ne vois pas au nom de quoi la qualité des services de Google devraient l'autoriser à violer les législations sur la protection des données personnelles.

Google proposerait en toute transparence aux internautes de participer collectivement et de manière ouverte à ce maillage, en autorisant dans le cadre d'un opt-in le scan de leur réseau, en les avertissant sur les risques, en respectant scrupuleusement leur libre arbitre, et en mettant le résultat à disposition de tous, ça serait légèrement plus défendable.

Comme c'est pas le cas, je continue à prôner la méthode du coup de masse sur Google Car. :)

On "autorise" pourtant l'Etat de nous ficher, de nous espionner, de nous enrôler, de nous manipuler, sans que ça choque le moins du monde. Aujourd'hui tout le monde sait que l'Etat c'est le Pouvoir au service de lobbies. A choisir, je préfère que mes données soient utilisés par Google qui va en échange me proposer des services gratuits, que par Lagardère ou Dassault pour étoffer leur commerce de la mort. Si "Street View" n'existait pas, je ne pourrais pas me passer de voiture comme c'est le cas aujourd'hui, chaque fois que l'on me demande un devis, je serais obligé de me déplacer, perdre du temps et contribuer à engorger les routes. Que mon wifi soit répertorie par Google ne me dérange pas, le Freewifi me permet de pouvoir me connecter quand je suis pas chez moi, et je suis d'accord que le mien soit utilisé par d'autres. D'ailleurs, j'attends Google Leaks, j'espère que Google ouvre les hostilités envers les Etats de plus en plus liberticides. Dans une société basée sur la transparence ce n'est pas le quidam moyen qui serait pénalisé, mais le Pouvoir qui cherche à cacher ses appétits dictatoriaux.

Quand quelqu'un vous prend la mesure de votre cou, c'est soit pour vous tailler un costume, soit pour ajuster la corde. Je préfère les premiers.

L'Etat bénéficie de prérogatives de puissance publique dont aucune entreprise privée ne pourra jamais arguer - y compris les banques ou les agences de notation... L'Etat a donc une légitimité pour mettre en oeuvre certains traitement.

Mais l'Etat lui-même doit se soumettre à des exigences constitutionnelles et légales, et le respect de la vie privée, la proportionnalités des fichages ou encore le contrôle des accès, en sont des exemples. Et les tendances actuelles de l'Etat sont au contraire très vivement criticables, et vivement critiquées (pas encore assez hélas, quand on se renseigne sur le STIC, le FNAEG, la vidéosurveillance, etc.).

Il n'est pas pertinent de "préférer" une collecte abusive à une autre, ou d'opposer les pratiques étatiques et les pratiques industrielles. Les deux peuvent être abusives, et c'est contre les deux qu'il faut se battre. La personne humaine doit pouvoir conserver son libre arbitre et échapper aux logiques sécuritaires de contrôle technologique étatique, comme aux logiques mercantiles du marketing privé.

Et je crois qu'il est tragiquement erroné de "préférer" les nouveaux indsutriels aux anciens (Google par rapport à Dassault, Apple par rapport à Microsoft). Le mensonge est encore plus énorme de la part de ces titans du 2.0 et des technologies. Non, je ne suis pas d'accord moi, qu'on collecte des informations sur moi, qu'on me fiche et qu'on me range dans des bases de données commercialisées à prix d'or, en contrepartie de "service gratuits" que je n'ai même pas demandés.

Ces services n'ont rien de "gratuit", c'est totalement faux. Vous payez Google ou Facebook tous les jours en données personnelles. Ce faisant, vous validez un modèle sociétal où peu à peu, il n'existera plus aucun accès gratuit, aucun service collectif qui n'implique en même temps qu'une entreprise privée regarde par-dessus votre épaule et enregistre vos faits et gestes pour son bénéfice.

Les progrès apportés par tel ou tel service (abstraction faite du caractère très relatif desdits "progrès") doivent se mesurer à l'aune de ce qu'ils coûtent réellement, en termes de protection des données personnelles, de respect de la sphère privée, de protection de l'environnement, de respect de la concurrence, d'équilibres sociaux, etc.

Pour reprendre votre exemple, quand quelqu'un prend la mesure de votre cou, ça peut être pour vous tailler un costume, ou vous passer la corde. Ou encore pour vous tenir en laisse.

Et c'est le principal problème de ces pratiques des titans industriels du 2.0. La coercition souriante privée n'a rien à envier à la coercition menaçante publique. Les monopoles privés ne sont pas plus souhaitables que le monopole public, dans les deux cas, c'est du totalitarisme. Le tyran n'est plus une idéologie politique, c'est le marketing.

Et franchement, ne pas voir venir le totalitarisme capitaliste néolibéral au prétexte qu'il ne faut surtout pas reproduire les erreurs collectivistes du passé, c'est gravissime. Google offre sans aucun doute un visage plus avenant que les marchands de mort sauce Dassault ou Bouygues, mais sa stratégie n'en est pas moins purement capitaliste, c'est-à-dire sans vrai égard pour le bien commun. La force de Google, ce sont des services que tout le monde peut utiliser sans débourser un euro, mais c'est surtout le monopole qu'elle est en train d'acquérir petit à petit sur les outils web, et les millions d'information qu'elle récolte pour son seul bénéfice. Il n'est aucune puissance globale légitime si elle n'est pas validée selon des principes démocratiques et pluralistes - et ça n'est jamais le cas d'une entité privée.

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