Vers une gestion façon Sacem des livres devenus introuvables ?
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 28 Octobre 2011 à 14h12 -
posté dans Société 2.0
![]() Une proposition de loi très élaborée, portée par le vice-président de la Commission de la culture au Sénat, prévoit de libérer l'exploitation numérique des livres désormais indisponibles imprimés au 20ème siècle, en confiant leur commercialisation à une société de gestion collective. La proposition de loi "relative à l'exploitation numérique des livres indisponibles du XXe siècle" déposée par le sénateur Jacques Legendre (UMP) risque de faire crier plus d'un auteur et d'un éditeur. Elle s'inspire en effet d'un scénario pourtant rejeté par le Sénat pour les photographies, qui prévoit de confier à une société de gestion collective le droit de commercialiser des licences d'exploitation numérique des livres imprimés au siècle dernier, qui ne sont plus disponibles dans le commerce. Souvent, les ayants droit de ces livres ne sont plus trouvables, ou les droits liés à l'exploitation numérique n'ont pas été contractualisés ce qui gèle leur publication sur des plateformes comme le Kindle, le Fnacbook ou iBooks. D'une complexité parfois déconcertante, le texte prévoit que par principe toutes les oeuvres du 20ème siècle réputées "indisponibles" seront désormais gérées par une société de gestion collective (SPRD) ayant reçu agrément du ministère de la Culture, sur le modèle bien connu de la Sacem. Pour être réputée indisponible, le livre devra avoir été publié en France avant le 31 décembre 2000, n'être plus commercialisé "de façon licite", et avoir été inscrit par un organisme (qui sera nommé par décret) dans une base de données publique dédiée à cet usage. Moyennant finances, la SPRD pourra alors délivrer à qui le souhaite des licences d'exploitation numérique des livres ainsi indisponibles pour une durée de cinq ans renouvelable. Les sommes collectées seront réparties entre les éditeurs et les auteurs qu'elle connaît et qu'elle est capable de contacter, tandis que la part due aux "introuvables" sera versée au fonds d'aide à la création, à la diffusion du spectacle vivant et à des actions de formation des artistes. Une véritable mine d'or en perspective. 6 mois pour s'opposer après inscription au registre Pour ne pas qu'il s'agisse d'une pure expropriation, la proposition de loi prévoit la possibilité pour les auteurs et les éditeurs concernés de s'opposer à la gestion collective de leurs livres devenus indisponibles. Une fois l'oeuvre inscrite publiquement sur la base de données, l'opposition doit se faire par écrit dans les six mois. S'il s'oppose à la gestion collective, l'éditeur doit exploiter commercialement l'oeuvre dans un délai de 2 ans, sinon il perd le bénéfice de cette opposition. S'il ne s'est pas opposé dans les délais, l'éditeur se voit tout de même proposer une licence d'exploitation exclusive de son propre livre (sic), qu'il a deux mois pour accepter. Au delà, n'importe qui pourra éditer l'ouvrage en s'aquitant des droits auprès de la SPRD. Mais si l'éditeur accepte cette licence exclusive, l'auteur n'aura lui-même que deux mois pour prévenir le cas échéant la SPRD que le contrat avec son éditeur était en fait devenu caduc, et que l'éditeur n'avait donc plus aucun droit à faire valoir ! De là à croire que certains éditeurs pourraient profiter du système pour retrouver une exclusivité perdue, il n'y a qu'un pas... D'autant qu'ils seront beaucoup mieux organisés que les auteurs pour surveiller les mouvements sur la base de données. Enfin, s'ils souhaitent retrouver la plénitude de leurs droits, l'auteur et l'éditeur devront se mettre d'accord pour demander ensemble la désinscription du livre de la base de données. Dans un tel cas, l'éditeur aura 18 mois pour commencer à exploiter commercialement l'ouvrage, et les licences octroyées par la SPRD resteront valides. Et dire qu'il serait tellement plus simple de modifier la loi pour que les droits d'auteur s'arrêtent (par exemple) 20 ans après la première publication de l'ouvrage... ce qui serait bien plus profitable pour le domaine public et pour les auteurs d'oeuvres récentes, qui seraient les seules à devoir être achetées. C'était l'objectif initial du droit d'auteur : rémunérer l'auteur le temps qu'il puisse publier de nouvelles oeuvres. Rien de plus. à lire aussi
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Commentaires à propos de «Vers une gestion façon Sacem des livres devenus introuvables ?»
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rom1v
le 28/10/2011 à 14:19
Je suis assez d'accord avec ta conclusion. Pourquoi une société de gestion ferait-elle payer des ?uvres devant faire partie du domaine public ?
Et dire qu'il serait tellement plus simple de modifier la loi pour que les droits d'auteur s'arrêtent (par exemple) 20 ans après la première publication de l'ouvrage...
+1 En même temps dans le domaine du logiciel, je l'ai déjà vu faire la chose suivante, un logiciel est produit et son code n'est libéré qu'après 200 ou 300 copie vendue. Cela se fait aussi déjà dans le livre notamment chez Eyrolles ou un certain livre sera libéré en CC une fois les 1000 ou 2000 exemplaires vendus. Cette méthode permettrai de rémunérer les artiste, et cela favoriserait la création en effet si l'artiste veut vivre il faut qu'il créé et non se repose sur un oeuvre qu'il a créé il y a 50 ans. Qu'en est-il des auteurs étrangers avec ce texte ? Le pauvre écrivain japonais qui a été traduit y'a 30 ans par un éditeur qui a fait faillite depuis, il va être prévenu comment qu'on va éditer son bouquin en numérique ? On va metttre DR sur son oeuvre et la société de gestion garde les sous ?
darken33, le 28/10/2011 - 14:28
En même temps dans le domaine du logiciel, je l'ai déjà vu faire la chose suivante, un logiciel est produit et son code n'est libéré qu'après 200 ou 300 copie vendue.darken33, le 28/10/2011 - 14:28
En même temps dans le domaine du logiciel, je l'ai déjà vu faire la chose suivante, un logiciel est produit et son code n'est libéré qu'après 200 ou 300 copie vendue.Ou alors on peut imaginer que les bibliothèques, dont les budgets d'acquisitions sont directement issus de nos impôts, paient les copies vendues et que l'oeuvre soit libérée pour le grand public ... J'attends avec impatience les procès de personnes ayant piraté un ouvrage "indisponible". Cette personne aura alors "volé" de l'argent à une personne introuvable et sera condamnée pour ça... MDR quoi !
C'est vraiment n'importe quoi, les oeuvres où l'on ne peut déterminer un auteur (ou un ayant droit) devraient être publiques et exploitables par tous ! lildadou, le 28/10/2011 - 14:32 darken33, le 28/10/2011 - 14:28
En même temps dans le domaine du logiciel, je l'ai déjà vu faire la chose suivante, un logiciel est produit et son code n'est libéré qu'après 200 ou 300 copie vendue.C'est un peu comme une édition limité... Et c'est un très bon système pour moi. lildadou, le 28/10/2011 - 14:32
C'est vicieux. Il risque d'y avoir un blocage des ventes et de la libération puisque tout le monde attendra la liberation, non?En effet cela comporte quelque risques, bon pour le logiciel on arrive a trouver d'autres modes de financement, le support, les formations, .... Pour la musique on peut imaginer effectivement que les artiste peuvent se rémunérer avec les concerts. Mais c'est vrai qu'un auteur de bouquin, il fait quoi ? des conférences ? alors je suis foncièrement pour la libération le plus tôt possible (dès le début c'est mieux), mais je conçois ces limites et le besoin pour un artiste ou un développeur de gagner sa vie. Une personne qui veut lire un livre, elle va l'acheter à sa sortie. Elle va pas attendre qu'il soit vendu à je sais pas combien de copie pour avoir le droit de télécharger un pdf. (C'est en tout cas comme ça que réagirait la majorité des gens je pense)
Hoper, le 28/10/2011 - 14:55 Une personne qui veut lire un livre, elle va l'acheter à sa sortie. Elle va pas attendre qu'il soit vendu à je sais pas combien de copie pour avoir le droit de télécharger un pdf. (C'est en tout cas comme ça que réagirait la majorité des gens je pense)je trouve toute cette soupe culturelle complétement aberrante, et puis-qu'on en est rendu a des propositions aussi fantaisistes voici la mienne.
un auteur et son éditeurs ne devrait avoir les droits sur l''uvre que pendant la vie de l'auteur, des sa mort l'?uvre tomberai dans le domaine public. exit la transmission a la descendance qui n'a rien fait et donc logiquement n'a droit a rien..... et c'est tout pas la peine d'aller chercher midi a quatorze heure. darken33, le 28/10/2011 - 14:44 lildadou, le 28/10/2011 - 14:32
C'est vicieux. Il risque d'y avoir un blocage des ventes et de la libération puisque tout le monde attendra la liberation, non?En effet cela comporte quelque risques, bon pour le logiciel on arrive a trouver d'autres modes de financement, le support, les formations, .... Pour la musique on peut imaginer effectivement que les artiste peuvent se rémunérer avec les concerts. Mais c'est vrai qu'un auteur de bouquin, il fait quoi ? des conférences ? alors je suis foncièrement pour la libération le plus tôt possible (dès le début c'est mieux), mais je conçois ces limites et le besoin pour un artiste ou un développeur de gagner sa vie. Faut pas oublier : les Agessa, les droits de prêts en bibliothèques que paie le ministère de la culture, les ateliers d'écritures et autres "formations", les aides institutionnelles (CRL,CNL ...) les budgerts d'acquisitions des bibliothèques publiques (pour des livres qui ne sont parfois pas lu - ex : la mienne, on a un budget de 200 000 euros pour les livres (c'est beaucoup), mais il y a plusieurs milliers de bibliothèques en France ...) board, le 28/10/2011 - 14:42 Au contraire, je vois cette disposition très vertueuse. Tu sais que l'auteur n'est pas là pour se goinfrer mais simplement pour vivre, tu es alors beaucoup plus enclin à acheter sa production. Perso, ça me soûle de payer pour une oeuvre qui a déjà fait vivre son auteur toute sa vie... En revanche, me dire que c'est pour qu'il vive et que lorsqu'il aura rentabilisé sa création il l'offrira à tout le monde, ça peut me décider à acheter. C'est un peu comme une édition limité... Et c'est un très bon système pour moi. Et pourquoi un auteur qui sort un livre à succès n'aurait pas le droit de toucher, fort logiquement, ce qui lui est dû ? Sinon après, on interdit à absolument tout le monde le droit de faire des bénéfices au-delà d'un certain seuil ? Si un auteur rencontre un fort succès, tant mieux pour lui, il vendra un paquet et y'a rien à redire à ça. Faudrait juste que le domaine public puisse happer des oeuvres beaucoup plus tôt. Là, sous prétexte qu'on peut plus le trouver, un bouquin va se faire numériser et exploiter sans qu'on demande l'avis de l'auteur/éditeur. On croirait le vieux débat sur l'opt-in/opt-out. Leur idée serait pas si mal s'ils se contentaient de contacter auteur/éditeur pour leur proposer une numérisation et distribution électronique... Pas de leur piquer leurs oeuvres en espérant que les 6 mois passent sans que personne ne s'en aperçoive... Solution plus simple, qui favoriserait les éditeurs et auteurs les plus actifs.
- Si une oeuvre n'a plus été ré-éditée depuis 5 ans, l'éditeur perd ses droits dessus. - L'auteur a alors lui même 5 ans pour trouver un éditeur qui accepte d'éditer son oeuvre, sans quoi elle tombe dans le domaine public. Il peut aussi décider de la relacher avant le délais de 5 ans. solution 2 (comme ce qui se fait pour les marques).
Tous les ans, l'éditeur doit verser une somme forfaitaire croissante à l'auteur ou à un organisme public type INPI. A défaut, l'oeuvre revient à l'auteur ou tombe dans le dompub. Cela ferait réfléchir les éditeurs sur l'intérêt qu'il y a à conserver un stock d'oeuvres mortes. L'éditeur aura d'avantage intérêt à publier de nouvelles oeuvres. board, le 28/10/2011 - 14:39 J'attends avec impatience les procès de personnes ayant piraté un ouvrage "indisponible". Cette personne aura alors "volé" de l'argent à une personne introuvable et sera condamnée pour ça... MDR quoi ! C'est vraiment n'importe quoi, les oeuvres où l'on ne peut déterminer un auteur (ou un ayant droit) devraient être publiques et exploitables par tous ! Ca a peu de chance d'arriver vu que les saisines sont faites par les éditeurs et qu'il y a peu de chance qu'ils se mettent en danger (pas légalement mais publiquement) avec ce type de cas. Le fait est qu'a l'heure actuelle DL des oeuvres epuisées n'est jamais un probleme vu qu'il n'y a personne pour aller chasser ces pirates la.
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