Au cours d'un déplacement, Martine Aubry a confié être assez étrangère au phénomène des réseaux sociaux. La première secrétaire du Parti socialiste a indiqué avoir en horreur Facebook et Twitter où "chacun pense à son nombril". La candidate à la primaire socialiste a toutefois reconnu que les réseaux sociaux avec quelques avantages, citant en exemple les révolutions arabes.

Ce sont des confidences qui vont sans doute être abondamment commentées… en tout cas sur les réseaux sociaux. Dans le train qui la ramenait de Valence, Martine Aubry s’est laissée à quelques remarques sur les sites communautaires. La première secrétaire du Parti socialiste a taclé sévèrement les réseaux sociaux, symbole selon elle de la société nombriliste et de la vacuité des choses.

« Facebook et Twitter, j’ai horreur de ça… C’est typique de cette société où chacun pense à son nombril… Et puis tous ces faux amis… Ce n’est pas mon truc d’expliquer mes états d’âme. La vie, c’est aussi être libre de regarder autour de soi… » a-t-elle déclaré, dans des propos rapportés par Le Point. « Par exemple, je ne vais pas raconter ‘Je vois un chariot sur le quai ! D’ailleurs, il est renversé !‘ ».

« Martine Aubry ne va pas utiliser Twitter pour raconter sa vie » a abondé Émile Josselin, son chargé de campagne web pour l’élection présidentielle de 2012. « Et elle a raison de le dire, même si ça donne l’impression de jeter le bébé avec l’eau du bain« . L’essentiel n’étant pas dans l’auto-glorification, mais « d’être en adéquation avec son identité politique« 

La charge de Martine Aubry contre les réseaux sociaux est surprenante, mais aussi caricaturale. La richesse des sites communautaires, ce qu’il fait qu’ils fonctionnent, ce n’est pas de montrer son nombril. C’est de pouvoir communiquer et partager très facilement avec beaucoup de personnes d’horizons différents. Cela va de l’information aux revendications politiques ne passant par des images, des vidéos ou même des blagues.

Les mérites de Facebook et Twitter

Le programme numérique du Parti socialiste, que nous avons abordé précédemment, évoque d’ailleurs l’intérêt – pour ne pas dire l’importance – de ces réseaux. Dans la section consacrée à « tirer le meilleur parti du numérique dans la vie publique« , le Parti socialiste vante les mérites des sites communautaires et cite même Facebook et Twitter comme lien citoyen.

« Internet a permis de développer le dialogue direct et de décloisonner le débat public, en l’ouvrant largement. Les citoyens interpellent aujourd’hui directement leurs représentants par Facebook ou Twitter, et s’auto-organisent pour défendre des causes locales ou globales. La diffusion des pratiques numériques facilite la participation à des processus institutionnels dès l’élaboration« .

Dans ses confidences, Martine Aubry a toutefois reconnu certains avantages aux réseaux sociaux. Ces derniers « ont pu être utiles, pendant les révolutions arabes, par exemple« . À l’heure où la France est de plus en plus connectée, la première secrétaire est néanmoins réaliste. Pour gagner la campagne primaire du PS, puis l’élection présidentielle, il faudra s’appuyer fortement sur Internet.

Si comparaison n’est pas raison, il faut toutefois rappeler que certaines victoires politiques se sont appuyées sur les réseaux sociaux. L’exemple le plus connu est l’élection de Barack Obama en 2008. Grâce à la mobilisation de ses sympathisants sur le net et l’ouverture de nombreux comptes et profils pour animer sa campagne, l’ancien candidat démocrate à l’investiture présidentielle a marqué des points face à son rival républicain.

Un succès que Barack Obama compte bien rééditer l’an prochain en utilisant une tactique assez similaire.

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