Le compte YouTube de Lady Gaga a été fermé plusieurs heures mercredi, pour violation de droits d'auteur. La société de production de Nagui s'était plainte de la diffusion par la chanteuse de son propre passage dans l'émission Taratata. Une plainte sans doute automatisée.

C’est « une erreur technique ou humaine« , se défendra finalement la société Air Productions de Nagui, interrogée par Le Point. Mercredi, le compte officiel YouTube de la star a été fermé plusieurs heures, pour violation de droits d’auteur. La société de production de l’animateur se serait plainte auprès de YouTube de la reproduction par la chanteuse de son propre passage dans l’émission Taratata, où les artistes viennent se produire en live. Après avoir été clôturé, le compte a été de nouveau activé quelques heures plus tard par la filiale de Google. Avec bien sûr un impact considérable pour l’une des vedettes les plus regardées sur la plateforme de partage de vidéos.

« Évidemment, Lady Gaga a le droit d’exploiter les vidéos de Taratata, il n’y a aucun problème là-dessus. Des courriers sont partis ce matin pour régulariser tout cela« , tient à rassurer la société Air Productions. Mais en réalité, en tant que producteur des émissions Taratata, la société de Nagui possède les droits exclusifs sur les enregistrements, et a donc parfaitement la possibilité d’interdire que les vidéos soient reproduites, y compris par les artistes qui viennent chanter dans l’émission. C’est absurde, mais c’est ainsi. La plainte contre Lady Gaga était donc juridiquement fondée, mais insoutenable. Comment interdire à la star internationale de diffuser elle-même ses propres prestations scéniques, y compris lorsqu’elles sont réalisées dans le cadre d’une émission de télévision ?

Le problème vient très certainement de l’automatisation des plaintes en matière de droits d’auteur. Air Productions dispose de son propre compte YouTube officiel « Taratata« , sur lequel il diffuse les chansons de ses invités. Or en principe personne d’autre sur YouTube ne peut diffuser les mêmes vidéos, de façon à concentrer l’audience – et donc la rémunération – sur le seul compte officiel de Taratata. La filiale de Google s’assure du respect de cette règle, au besoin par la reconnaissance automatique des contenus.

Ici, Lady Gaga a pu résoudre très rapidement la situation, grâce à sa notoriété. Mais le problème se pose de plus en plus souvent, notamment dans des zones grises qui font appel aux exceptions du droit d’auteur exclusif. Dailymotion, par exemple, avait censuré une vidéo parodique du Parti Communiste, parce qu’elle exploitait des images des voeux de Nicolas Sarkozy, dont l’INA détient l’exclusivité. Or cette censure était due au fait que l’INA protège ses images par un tatouage repéré automatiquement par le site de partage de vidéos.

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