La situation se complique en Asie. Alors que la pénurie d'adresses IPv4 n'était prévue que dans quelques mois, le développement d'Internet sur le continent le plus peuplé du monde a finalement été plus rapide que prévu. L'APNIC va rationner les dernières adresses IPv4.

Alors que la pénurie était attendue dans quelques mois, le développement d’Internet sur le continent le plus peuplé du monde est allé plus vite que prévu. Le registre régional asiatique, l’Asia-Pacific Network Information Center (APNIC), a annoncé vendredi qu’il allait en conséquence limiter la consommation d’adresses IP restantes.

Dans un communiqué, l’APNIC a estimé qu’il s’agit « d’un tournant décisif dans l’épuisement des adresses IPv4 pour la région Asie-Pacifique« . Au regard du développement de l’Internet fixe et mobile dans cette région du monde, « les adresses IPv4 restantes seront ‘rationnées’ aux opérateurs afin qu’elles servent à la connectivité avec les adresses IPv6 de nouvelle génération« .

Le directeur de l’APNIC, Paul Wilson, a invité dans le même temps les industriels et les opérateurs à prendre très au sérieux le risque de pénurie, en commençant dès à présent à bâtir obligatoirement les nouveaux services et réseaux en IPv6. Reste que les autres régions du monde ne sont pas à l’abri d’une pénurie similaire à celle que connaît actuellement l’Asie.

En février dernier, les responsables de l’Internet Assigned Numbers Authority (IANA) et de l’Internet Corporation for Assigned Names and Numbers (ICANN) ont alloué les derniers blocs d’adresses IPv4. Les registres Internet régionaux doivent donc encourager au plus vite la transition vers l’IPv6. L’adresse IPv4 n’offre que 4,3 milliards d’adresses, tandis que l’IPv6 est en pratique inépuisable.

En France, le gouvernement a décidé de ne pas intervenir sur ce dossier. Le ministre de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique a expliqué que « la vitesse d’adoption du protocole IPv6 par les entreprises français dépend, quant à elle, de leurs stratégies propres« . Sauf à brandir d’éventuelles sanctions, les industriels continueront donc de migrer à leur rythme.

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