Le passage à l'IPv6 se fera sans le concours du gouvernement. Questionné par une députée UMP, le ministère de l'industrie, de l'énergie et de l'économie numérique a expliqué s'en remettre aux acteurs d'Internet. Ces derniers ont leurs propres stratégies face à la pénurie croissante d'adresses IPv4.

Le gouvernement n’interviendra pas dans le dossier de l’IPv6. C’est en substance le message qu’a fait passer le ministère de de l’industrie, de l’énergie et de l’économie numérique à Laure de la Raudière, députée UMP en charge des médias et du numérique au sein de la majorité présidentielle. La parlementaire avait posé une question écrite dans laquelle elle s’interrogeait sur les mesures envisagées pour faciliter l’abandon de l’IPv4 au profit de l’IPv6.

Puisque « certains pays une obligation de compatibilité à la norme IPv6 de tous les matériels (au sens large) connectés à Internet à partir d’une certaine date« , Laure de la Raudière a voulu connaître la position des autorités sur la migration à l’IPv6 dans la mesure où les derniers blocs d’adresses IPv4 disponibles ont été alloués début février aux registres Internet régionaux par l’IANA.

La réponse est décevante. « Les opérateurs ont commencé, selon leurs différents plans stratégiques, à déployer IPv6 au sein de leurs réseaux et gérer la cohabitation avec IPv4 » note tout d’abord le gouvernement. Cependant, « la vitesse d’adoption du protocole IPv6 par les entreprises français dépend, quant à elle, de leurs stratégies propres« . Autrement dit, pas question d’intervenir.

« La plupart des opérateurs de réseaux de communications électroniques devraient être en mesure de déployer des adresses IPv6 courant 2012 et de gérer la courte période de pénurie en adresses grâce aux stocks dont ils disposent et aux solutions alternatives valables à court terme » ajoute le ministère. Aucune obligation ne pèsera donc sur les acteurs du net pour passer à ce nouveau protocole.

Bien sûr, il reste encore une marge de manœuvre. Ce n’est pas parce que les derniers blocs d’adresses IPv4 ont été alloués que toutes les adresses ont été consommées. Par ailleurs, des techniques comme la translation d’adresse permettent d’assurer un bon fonctionnement du réseau même en cas de pénurie d’adresses IPv4. Mais ces solutions temporaires ne pourront pas repousser l’échéance ad vitam aeternam.

« Ces palliatifs ne paraissent pouvoir offrir ni la même qualité de service ni les mêmes potentialités en termes d’innovation et de concurrence qu’une migration vers des réseaux compatibles avec IPv6 » avait relevé Laure de la Raudière, alors que la continuité de service de l’Internet en France représentent des enjeux économiques et sociétaux majeurs.

Rappelons que les limites du protocole de communication IPv4 sont connues depuis de nombreuses années. Codées sur 32 bits, ces adresses permettent près de 4,3 milliards de combinaisons différentes. Or la démocratisation du réseau des réseaux dans toutes les régions du monde oblige a obligé les acteurs du net à se tourner vers l’IPv6, un protocole dont les adresses sont codées sur 128 bits.

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