Les travaux de la Commission européenne sur le droit à l'oubli, dans le cadre de la révision de la directive européenne sur les données personnelles, sont suivis de près par les éditeurs de service en ligne. Facebook, qui compte plusieurs centaines de millions de membres à travers le monde, estime que le droit à l'oubli n'intéresse pas fondamentalement les internautes. Le site communautaire préfère mettre l'accent sur les paramètres de confidentialité.

Dans le cadre de la révision de la directive européenne sur les données personnelles, l’Union européenne souhaite harmoniser les règles européennes autour de quatre axes. La confidentialité par défaut, la transparence, la protection des données et surtout le droit à l’oubli sur Internet. La Commission songe en particulier à l’appliquer sur les données obsolètes ou sur celles que les utilisateurs veulent détruire.

« La protection des données à caractère personnel est un droit fondamental. Pour garantir ce droit, nous avons besoin de règles claires et cohérentes en matière de protection des données. Nous devons également adapter nos législations pour qu’elles restent en phase avec les défis qu’imposent les nouvelles technologies et la mondialisation » avait déclaré Viviane Reding, commissaire en charge de la justice et des droits fondamentaux.

Si la nouvelle directive européenne doit servir les intérêts des internautes, elle va mécaniquement compliquer la tâche des services en ligne. Les réseaux sociaux en particulier seront les premiers concernés. Facebook le sait, et s’il reconnait que la confidentialité des données est un enjeu majeur, le site communautaire considère que la révision législative en Europe va à l’encontre de ce que veulent vraiment les internautes.

Richard Allan, directeur chez Facebook en charge des questions règlementaires pour l’Europe, considère en effet que les internautes préfèrent que leurs données soient conservées sur le site communautaire. À l’inverse, il suggère que Facebook offre des paramètres de confidentialité plus pointus, notamment une meilleure visibilité de l’option de suppression du compte, afin de répondre à l’ensemble des besoins exprimés par les internautes.

Les internautes « veulent que nous leur donnions une garantie que les données resteront disponibles pendant dix ou quinze ans, de façon à disposer d’une archive permettant de voir comment les choses ont évolué au fil du temps » a-t-il ainsi justifié lors du forum media, dans le quartier de Wesminster à Londres.

En Europe comme sur les autres continents, Facebook s’est retrouvé à plusieurs reprises pris dans la polémique. L’été dernier, un avocat canadien avait déposé un recours collectif contre le réseau social pour violation de la vie privée et violation des conditions contractuelles. Ces affaires ont contribué à faire émerger Diaspora, un réseau social libre et ouvert qui se veut l’antithèse de Facebook.

Depuis, Facebook a fait des efforts en matière de confidentialité afin de retrouver la confiance des utilisateurs, en particulier en encadrant plus strictement l’utilisation et la diffusion des données personnelles. En France, le réseau social avait rejoint l’association des services Internet communautaires (ASIC) en 2010, sans pour autant signer la charte sur le droit à l’oubli proposée par l’ancienne secrétaire d’État à l’économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet.

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