En début de semaine, Google a accusé les pouvoirs publics chinois de filtrer méthodiquement l'accès à la messagerie web, Gmail, tout en faisant croire à un problème technique. Des reproches inacceptables pour la Chine, qui a rejeté en bloc - comme à son habitude - les accusations de l'entreprise américaine.

La Chine a beau être l’un des États les plus restrictifs en matière de libertés numériques, il n’est pas question pour l’Empire du Milieu de se laisser accuser de censure sans réagir. Au cours d’une conférence de presse, le porte-parole du ministère des affaires étrangères a vigoureusement rejeté les reproches de Google. La firme américaine suspecte les autorités d’interférer avec son service de messagerie, Gmail.

« Il s’agit d’une accusation inacceptable » a tonné Jiang Yu. À l’origine de l’emportement chinois, la suspicion du géant du web. Lundi, son porte-parole a pointé du doigt les efforts de la Chine pour entraver l’accès à la messagerie. Certains fonctionnalités du service, comme la consultation du carnet d’adresses ou l’envoi de courriers électroniques, semblent bridées pour les internautes résident en Chine.

« En ce qui concerne Google, il n’y a aucun souci technique de notre côté. Nous avons vérifié ça en détail. Il s’agit d’un blocage décidé par le gouvernement et soigneusement déguisé pour faire croire à un problème avec Gmail » a-t-il déclaré au Guardian. Les perturbations toucheraient également les réseaux virtuels privés (VPN) dont les internautes chinois se servent pour contourner autant que possible les filtres du gouvernement.

Ces problèmes d’accès pourraient être une conséquence de l’activation par défaut de la connexion sécurisée (https) sur Gmail, ainsi que des révolutions au Moyen-Orient. Avec plus de 470 millions d’internautes, la Chine craint que ces troubles fassent tâche d’huile et inspirent les Chinois. Les autorités ont d’ores et déjà bloqué préventivement plusieurs requêtes liées à l’Égypte, la Tunisie ou la Libye.

La passe d’armes entre Google et les autorités chinoises s’ajoute aux tensions qui sapent les relations entre le géant du web et le pays le plus peuplé du monde. L’an dernier, la firme de Mountain View a bataillé longuement avec les pouvoirs publics, défiant ouvertement la censure du régime suite aux nombreuses attaques informatiques de décembre.

La Chine avait nié toute implication dans ce piratage, affirmant mener une politique sur la sécurité informatique « transparente et constante« , malgré la révélation de câbles diplomatiques tendant à démontrer le contraire. Selon une note d’un diplomate américain, l’ordre a directement été donné par le bureau politique du Parti communiste chinois. Or, cet organe est le cœur même du pouvoir.

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