L'Hadopi affirme que l'adresse IP n'est pas une donnée personnelle
Guillaume Champeau -
publié le Mercredi 16 Février 2011 à 15h54 -
posté dans Société 2.0
![]() La présidente de la Commission de protection des droits de l'Hadopi, Mireille Imbert-Quaretta, nous confirme que la Haute Autorité estime que l'adresse IP n'est pas une donnée personnelle, et qu'aucun recours n'est ouvert aux administrés qui se sentiraient visés à tort par l'avertissement reçu par e-mail ou lettre recommandée.
Contactée en début de matinée, la présidente de la Commission de protection des droits de l'Hadopi Mirelle Imbert-Quaretta nous a rappelé en milieu de journée pour nous apporter ses explications. Elle nous confirme son refus de transmettre les PV aux personnes concernées, au motif que l'adresse IP qui y figure ne serait pas une donnée personnelle. "C'est la jurisprudence de la Cour de cassation", nous a-t-elle affirmé. Par ailleurs, la magistrate maintient qu'il n'y a selon elle aucun intérêt à vouloir contester le PV (sic) puisqu'il "ne fait pas grief", mais ouvre simplement un délai de prescription dans la procédure. Elle nous explique aussi que le PV adressé par les agents des ayants droit font partie d'une procédure pénale, pas d'une procédure administrative ; et que dès lors, le PV ne peut être transmis qu'au parquet, lors de la communication du dossier pour négligence caractérisée. Tant qu'aucune procédure pénale n'est ouverte par le parquet, aucune action ne peut être entreprise par l'abonné, qui n'a aucune voie de recours, et ne peut pas demander à ce que ses noms, prénoms, adresses, et numéros de téléphones soient supprimés du fichier de l'Hadopi. Mais l'arrêt de la Cour de cassation auquel Mme Imbert-Quaretta semble faire référence (arrêt n° 3530 du 16 juin 2009) n'affirme jamais que l'adresse IP n'est pas une donnée personnelle. Il se contente de dire que les "constatations visuelles" réalisées sur un logiciel de P2P par un agent d'une société de gestion collective, "sans recourir à un traitement préalable de surveillance automatisé", pour "accéder manuellement" à la liste des fichiers partagés par une adresse IP, "ne constituent pas un traitement de données à caractère personnel" visé par la loi de 1978 sur la protection des données. Les commentaires sont divisés. Certains pensent que la Cour a voulu affirmer que l'adresse IP n'est pas en soit une donnée permettant d'identifier la personne qui commet la contrefaçon, donc qu'il ne s'agit pas d'une donnée personnelle. D'autres pensent que la Cour a insisté sur le caractère "manuel" de la collecte pour justifier que le défaut d'autorisation de la CNIL n'entraîne pas la nullité des constatations effectuées, car il ne s'agit pas d'un traitement "automatisé". Or quelle que soit l'interprétation retenue, l'arrêt de Cour de cassation est de toute façon inopérant dans le cas de l'Hadopi. En effet contrairement à la contrefaçon, qui peut avoir plusieurs auteurs différents pour une même adresse IP, avec la loi Hadopi c'est la responsabilité du titulaire de l'adresse IP qui est recherchée. Celle-ci est donc immédiatement "identifiante", et il s'agit bien d'une donnée personnelle. Ou alors c'est le caractère manuel de la collecte qui était retenu par la Cour de cassation, mais l'Hadopi fonctionne de manière automatisée. Par ailleurs, si l'adresse IP n'est pas une donnée personnelle, pourquoi les ayants droit ont-ils l'obligation de recueillir l'autorisation de la CNIL avant de collecter ces adresses IP ? Pourquoi la CNIL dit-elle dans ses autorisations (voir par exemple celle de la SACEM) que "la Commission considère qu’il y a lieu de faire application des dispositions de l’article 25-I-3° de la loi du 6 janvier 1978 modifiée en août 2004 qui soumet à autorisation les traitements portant sur des données relatives aux infractions, condamnations ou mesures de sûreté" ? Si les adresses IP ne sont pas des données personnelles, aucune raison d'interdire leur collecte en raison de la loi de 1978. Interrogée sur ce point, Mme Imbert-Quaretta se réfugie derrière de la Cour de Cassation, et dit ne pas vouloir commenter ce qui se fait hors de l'Hadopi. La question pourrait être tranchée si la proposition de loi des sénateurs Anne-Marie Escoffier et Yves Détraigne "visant à mieux garantir le droit à la vie privée à l'heure du numérique" est adopté définitivement par le Parlement. Votée en première lecture par le Sénat en mars 2010, contre l'avis du gouvernement, le texte est depuis bloqué et n'a jamais été examiné par l'Assemblée Nationale. Il dispose notamment que "tout numéro identifiant le titulaire d'un accès à des services de communication au public en ligne est (une donnée à caractère personnel)". à lire aussi
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Commentaires à propos de «L'Hadopi affirme que l'adresse IP n'est pas une donnée personnelle»
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Natasha
le 16/02/2011 à 15:58
Ca patauge, ca patauge du côté de la Hadopi, et ce n'est que le début ...
Donc si quelqu'un diffuse les adresses IP perso des membres de la HADOPI sur des réseaux sociaux, il n'y a aucune diffamation. Et certains pourront alors faire des attaques par déni de service. A la limite tout ca est autorisé puisque l'adresse IP n'est pas une donnée personnelle.
GorgeProfonde, le 16/02/2011 - 16:08 Donc si quelqu'un diffuse les adresses IP perso des membres de la HADOPI sur des réseaux sociaux, il n'y a aucune diffamation. Et certains pourront alors faire des attaques par déni de service. A la limite tout ca est autorisé puisque l'adresse IP n'est pas une donnée personnelle.On nage en plein délire.
Comment une donnée telle que l'adresse IP peut elle ne pas être une donnée à caractère personnelle alors que c'est la seule donnée dont dispose l'Hadopi pour reconnaitre le contrevenant ?! @GorgeProfonde Les attaques DOS restent des actes malveillants hein...
@Natasha +1 !! Je pense que ca sera bientot un cas d'ecole pour les avocats. J'aime la subtile nuance entre "ne fait pas grief" et "ouvre le delai de prescription". Du moment que ca a une consequence, pouvant mener a des poursuites, la logique voudrait qu'on puisse contester cette etape de la procedure... Mais la logique et la loi... enfin bref. Ca commence a devenir marrant > Ben elle va pas dire le contraire, même si elle a completem tort, ça contredirait le rôle de sa boîte...
stacato doit etre en plein "brainstorming" avec la cellule de crise des jeunes pop afin de trouver un "argumentaire" tordu pour justifier les délires de MIQ, qui même en tentant de noyer le poisson avec de pseudo argument juridique doit se rendre compte qu'elle est sur le point de se jetter ds la seine avec un boulet du'une tonne au pied !!!
Il est clair qu'au premier recours devant un tribunal, tous ces guignols iront pointer au chomage, enfin a l'assemblé ou chez FT, comme il se doit lorsqu'on a bien servi Nabot 1er sum02, le 16/02/2011 - 16:24 C'est quoi ce délire, déjà 12M€ pour des incompétents planqués et en plus des têtes de vainqueurs.La photo n'est pas à son avantage ... mais tu peux être laid et très compétent comme tu peux être totalement l'inverse ... 85.68.32.128 est un con... Ben quoi c'est pas une donnée personnelle donc je n'insulte qu'une IP, pas la personne qui est derrière
question volontairement con:
si l'ip n'a pas de composant de donnée personnelle, commetn ils font la correspondance entre ip et abonné à qui envoyer leur menaces/intimidations ? C'est comme ton adresse ou ton tel ou meme ton numéro de bagnole, c'est pas personnel.
vous voyez le mal partout Djaron, le 16/02/2011 - 16:47 question volontairement con: si l'ip n'a pas de composant de donnée personnelle, commetn ils font la correspondance entre ip et abonné à qui envoyer leur menaces/intimidations ? très bien ca
plus rien à crainde de l'HADOPI donc, à moins que M Sarkosy est demandé à l'HADOPI de s'auto flinguer avant 2012 quoi qu'il se passe j'irait voter pour Melenchon tient ! vu que les votes ne servent plus à rien dans notre pays.. on vote même pour des gens qui nous volent ou ont voler, trop fort Djaron, le 16/02/2011 - 16:47
question volontairement con: si l'ip n'a pas de composant de donnée personnelle, commetn ils font la correspondance entre ip et abonné à qui envoyer leur menaces/intimidations ? Peut-être, qu'ils ne se sont pas encore posé la question en ces termes là ... A moins que ce ne soit la "perfide" Box, mais cette derniere appartennant a mon FAI, c'est donc lui le mécréant !!!
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