Aux États-Unis, une université américaine veut éduquer ses étudiants en faisant la chasse au peer-to-peer. L'établissement indique pouvoir identifier les étudiants suspectés d'enfreindre le droit d'auteur.

Depuis plusieurs années, les ayants droit aux États-Unis font la chasse aux étudiants qui se servent des infrastructures des universités pour télécharger du contenu protégé par le droit d’auteur. La RIAA, une association en charge des intérêts de l’industrie du disque, s’est particulièrement illustrée dans ce domaine. On ne compte plus les litiges engagés contre des étudiants suspectés d’enfreindre la propriété intellectuelle.

Sous la pression des organismes chargés de protéger le droit d’auteur, les dirigeants de ces établissements essaient de contribuer à la lutte anti-piratage en durcissant les règles en vigueur sur les campus ou en bloquant certains protocoles ou certains clients peer-to-peer. Dans l’Etat américain de Géorgie, l’université de Valdosta a décidé de signaler les étudiants fautifs à la police.

« Une fois que les individus sont identifiés, l’université confie la suite à la police. Les utilisateurs peuvent faire face à des peines lourdes, incluant une éventuelle peine allant jusqu’à cinq d’emprisonnement et une amende de 250 000 dollars (environ 183 000 euros) par infraction » a rapporté le journal de l’établissement, cité par Torrentfreak. L’université de Valdosta assure qu’elle peut détecter et identifier les utilisateurs de logiciels P2P.

S’il s’agit ici des sanctions maximales, le directeur en charge de la technologie de l’information à l’université de Valdosta ne semble pas s’en offusquer. Pour lui, il s’agit d’une forme d’éducation destinée aux jeunes. « En tant qu’établissement d’enseignement supérieur, nous allons prendre une approche éducative à ce problème et utiliser des procédures approuvées pour atteindre des solutions appropriées« .

La partie est pourtant loin d’être gagnée. D’une part, parce que la surveillance mise en place sur le réseau de l’université est imparfaite. Torrentfreak note que l’ancienne méthode de contrôle comportait des faiblesses qui étaient contournées par certains clients P2P. Il est vraisemblable que de nouvelles versions ou de nouveaux logiciels parviendront à louvoyer entre les mailles du filet.

Ensuite, la police ne pourra sans doute pas faire grand chose sans l’intervention d’un ayant droit au cours du processus d’identification d’un étudiant. Cela est d’autant plus vrai que la surveillance de l’université ne fait pas la distinction entre des contenus légaux ou libres de droit et des contenus protégés par le droit d’auteur. Sans la certitude sur la nature des fichiers envoyés, l’intervention des ayants droit pourrait être limitée.

Enfin, malgré la campagne anti-piratage de la RIAA ou le concours des universités américaines, la pratique des étudiants montre qu’ils ne sont pas fondamentalement effrayés malgré quelques cas emblématiques, comme Joel Tenenbaum. En 2006, un article du Wall Street Journal avait montré que même les services de musiques légaux et gratuits ne permettaient pas d’endiguer le phénomène.

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