Le petit commerce de la peur entretenu par la RIAA devrait devenir bien plus fructueux et efficace depuis que Jammie Thomas a été condamnée par un tribunal à verser 220.000 dollars de dommages et intérêts aux maisons de disques pour seulement 24 morceaux mis à disposition sur les réseaux P2P. Sans surprise, l’organisation représentative des majors aux Etats-Unis vient donc d’envoyer à nouveau 411 lettres à 19 universités, chargées de les faire suivre au bon destinataire au sein de chaque campus.

La RIAA, qui a du mal à obtenir l’identification des internautes auprès des fournisseurs d’accès à Internet, a en effet mis en place un système bien plus efficace grâce à la collaboration des universités. Elle leur envoie des listes d’adresses IP dont elles ont la gestion, et dont les utilisateurs (des étudiants du campus reliés au réseau de l’université) ont été pris en flagrant délit de téléchargement. Les universités, qui peuvent savoir qui utilisait telle adresse IP à l’heure présumée de l’infraction, font alors suivre à l’étudiant la lettre de la RIAA, qui les invite à éviter un procès coûteux et à régler l’affaire à l’amiable grâce à un simple numéro de dossier et un site de paiement en ligne. La ristourne consentie réduit alors le montant des dommages et intérêts à quelques milliers de dollars. La plupart, bien sûr, sortiront leur carte bleue.

D’après les propres chiffres de la RIAA, la moitié des étudiants déclarent encore télécharger de la musique illégalement. Mais quand exactement la RIAA a-t-elle eu l’idée géniale de porter plainte contre les plus jeunes de ses consommateurs, ceux qui demain auront le portefeuille mais plus du tout l’envie de donner un centime à ceux qui ont exercé un tel chantage judiciaire ?

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