C'est une claque monumentale pour l'industrie du disque que décrit le Wall Street Journal dans un article sur les services de musiques légaux et gratuits offerts sur les campus des universités américaines. Même gratuits, les étudiants n'en veulent pas. En cause : les DRM, bien sûr.

Ca devait être pour l’Association américaine de l’industrie du disque (RIAA) le meilleur rempart contre le piratage dans les universités. Alors que l’usage du Peer-to-Peer battait son plein dans les campus estudiantins, la RIAA a violemment menacé en 2004 les responsables d’Universités de les trainer devant les tribunaux s’ils ne faisaient rien pour enrayer l’hémorragie due à l’utilisation des Kazaa, eDonkey et autres BitTorrent sur leurs réseaux. Par peur d’être ainsi poursuivis, et voyant là l’occasion de réaliser quelques économies de bande passante, 120 lycées et universités aux Etats-Unis ont signé des accords de partenariat avec les plate-formes musicales marchandes (en particulier Napster, Rhapsody, Ruckus et Cdigix).

Avec ces partenariats, les étudiants pouvaient accéder gratuitement aux catalogues des plate-formes pour écouter ou télécharger de la musique en toute légalité. Les frais étaient assumés par l’école ou ajoutés aux frais d’inscription dans la colonne « frais culturels ». Mais à l’heure du bilan, les Universités constatent que leurs étudiants n’ont pas migré en masse vers les services légaux, et qu’ils sont même de plus en plus nombreux à les abandonner. Dans le Wall Street Journal, Nick Timiraos explique que la faute est entièrement due aux DRM.

Politique de l’autruche

« Lorsque l’on parle de musique en ligne, même la gratuité n’est pas suffisante pour convaincre beaucoup d’étudiants d’utiliser des services de téléchargements légaux« , écrit le journaliste. « Certaines écoles ont laissé tomber leurs services, et d’autres pensent le faire ou se tourner vers d’autres fournisseurs« . Timiraos raconte l’exemple de cet étudiant de la prestigieuse université de Cornell, qui s’est immédiatement détourné de l’abonnement Napster proposé par l’établissement lorsqu’il a lu que ses morceaux de musique ne seraient plus lisibles une fois son cursus scolaire terminé. « Après avoir lu ça je n’ai même plus voulu l’essayer« , se rappelle l’étudiant. A West Lafayette, les étudiants peuvent écouter les morceaux sur leur ordinateur, mais il faut payer pour graver le morceau ou pour le transférer sur un baladeur. A l’Université George Washington, les responsables constatent que le nombre d’utilisateurs de leur abonnement Napster a chuté de moitié entre la première et la deuxième année.

En plus des restrictions d’usage, les étudiants se plaignent énormément de l’absence d’interopérabilité. Selon une étude de Student Monitor, ils sont 19 % à posséder un Mac et 42 % à posséder un iPod, et aucune des plate-formes associées aux universités ne permettent la lecture des morceaux sur ces systèmes Apple.

La RIAA, elle, assure qu’elle continuera de porter plainte contre les étudiants qui préfèrent télécharger des MP3 sans DRM sur des services de P2P.

Partager sur les réseaux sociaux

Articles liés