Les étudiants préfèrent le piratage à la gratuité
Guillaume Champeau -
publié le Vendredi 07 Juillet 2006 à 09h38 -
posté dans Peer-to-Peer
C'est une claque monumentale pour l'industrie du disque que décrit le Wall Street Journal dans un article sur les services de musiques légaux et gratuits offerts sur les campus des universités américaines. Même gratuits, les étudiants n'en veulent pas. En cause : les DRM, bien sûr.
Ca devait être pour l'Association américaine de l'industrie du disque (RIAA) le meilleur rempart contre le piratage dans les universités. Alors que l'usage du Peer-to-Peer battait son plein dans les campus estudiantins, la RIAA a violemment menacé en 2004 les responsables d'Universités de les trainer devant les tribunaux s'ils ne faisaient rien pour enrayer l'hémorragie due à l'utilisation des Kazaa, eDonkey et autres BitTorrent sur leurs réseaux. Par peur d'être ainsi poursuivis, et voyant là l'occasion de réaliser quelques économies de bande passante, 120 lycées et universités aux Etats-Unis ont signé des accords de partenariat avec les plate-formes musicales marchandes (en particulier Napster, Rhapsody, Ruckus et Cdigix).
Avec ces partenariats, les étudiants pouvaient accéder gratuitement aux catalogues des plate-formes pour écouter ou télécharger de la musique en toute légalité. Les frais étaient assumés par l'école ou ajoutés aux frais d'inscription dans la colonne "frais culturels". Mais à l'heure du bilan, les Universités constatent que leurs étudiants n'ont pas migré en masse vers les services légaux, et qu'ils sont même de plus en plus nombreux à les abandonner. Dans le Wall Street Journal, Nick Timiraos explique que la faute est entièrement due aux DRM. Politique de l'autruche "Lorsque l'on parle de musique en ligne, même la gratuité n'est pas suffisante pour convaincre beaucoup d'étudiants d'utiliser des services de téléchargements légaux", écrit le journaliste. "Certaines écoles ont laissé tomber leurs services, et d'autres pensent le faire ou se tourner vers d'autres fournisseurs". Timiraos raconte l'exemple de cet étudiant de la prestigieuse université de Cornell, qui s'est immédiatement détourné de l'abonnement Napster proposé par l'établissement lorsqu'il a lu que ses morceaux de musique ne seraient plus lisibles une fois son cursus scolaire terminé. "Après avoir lu ça je n'ai même plus voulu l'essayer", se rappelle l'étudiant. A West Lafayette, les étudiants peuvent écouter les morceaux sur leur ordinateur, mais il faut payer pour graver le morceau ou pour le transférer sur un baladeur. A l'Université George Washington, les responsables constatent que le nombre d'utilisateurs de leur abonnement Napster a chuté de moitié entre la première et la deuxième année. En plus des restrictions d'usage, les étudiants se plaignent énormément de l'absence d'interopérabilité. Selon une étude de Student Monitor, ils sont 19% à posséder un Mac et 42% à posséder un iPod, et aucune des plate-formes associées aux universités ne permettent la lecture des morceaux sur ces systèmes Apple. La RIAA, elle, assure qu'elle continuera de porter plainte contre les étudiants qui préfèrent télécharger des MP3 sans DRM sur des services de P2P. Prix indiqués avec livraison
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Commentaires à propos de «Les étudiants préfèrent le piratage à la gratuité»
On s'en doutait bien mais voici la confirmation. En attendant, le gouvernement fait voter des lois de fachos qui protègent les DRM juridiquement, allez comprendre.
"Les étudiants préfèrent le piratage à la gratuité"
Bah quand on sait que : - piratage = intéropérabilité ET gratuité - gratuité [avancée par les majors] = verrouillage des plates-formes ET payant (si si, c'est annoncé gratuit mais on le fait payer quand même, parce que bon faudrait pas déconner hein) D'un côté on n'a que des avantages, de l'autre que des inconvénients... le choix est vite fait. "Les frais étaient assumés par l'école ou ajoutés aux frais d'inscription dans la colonne "frais culturels".
La gratuitée déguisée, faut pas s'attendre a mieu de leur part. tout simplement : MDR
nan mais sérieusement si ils croivent avoir mieux de notre part en ce qui concerne les DRM, ils croivent au papa noël... Ils ont gagné quoi depuis le début avec leurs DRM ? Sans DRM et avec des prix raisonables, le piratage serait marginal à l'heure qu'il est : maintenant ils ont réussi à convaindre toute une génération que ne pas payer la musique n'est pas forcément un problème : bravo les gars, bon courrage pour nous convaincre de revenir en arriere !
(en plsu ils essaient même pas) Combien de temps il faudra aux 60 millions de Français pour comprendre que c'est de la merde en barre, les DRM, que c'est le consommateur qui les paye ENTIEREMENT et qu'ils ne lui servent à RIEN DU TOUT, dans le meilleur des cas, et le font chier grave dans tous les autres cas....
Je ne dois pas être le seul à récupérer sur peer to peer des versions pirates de mes CD achetés pour pouvoir les écouter sur tous mes supports plus facilement.
Quand on y pense c'est kafkaien. Même gratuite, entre l'illégalité et les DRM, les étudiants préfèrent l'illégalité. Comment après ça continuer à prétendre que les DRM sont indispensables à la musique légale en ligne ?
" Haklia - le Vendredi 07 juillet 2006, à 11H36
De la merde, même gratuite, reste de la merde" j'aurais pas dit mieux. Et oui, les DRM ont un arrière goût de retour en arrière dans un monde où la technique unis les médias. Seuls des dinosaures comme les majors peuvent se satisfaire de leur apparition.
Car il est difficile pour quelqu'un de se dire qu'il doit rétrogader vers un système obtus alors qu'il a connu un système complètement ouvert. Par ailleurs, le P2P est aussi un état d'esprit, non pas orienté vers le piratage, mais le partage. Il a aussi quelque chose de je ne sais quoi (l'ouverture vers le monde, l'ouverture vers d'autres internautes, l'absence de pub, le coté d'égal à égal, etc...) que n'auront jamais les plates formes légales qui n'ont qu'un objectif : vous vendre n'importe quelle merde le plus cher possible. Mais qu'ils continuent, à nous de faire en sorte qu'ils viennent manger dans notre main...
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Bref ils se font avoir une fois mais pas 2.